La bonne surprise de Groupon… puis la moins bonne

Il y a un certain temps, j’ai acheté un bon chez Groupon pour un restaurant indien. Malheureusement, quand est venu le moment de réserver mon dîner, je suis tombée sur la messagerie – saturée – dudit restaurant. Après plusieurs autre vaines tentatives à des jours et heures différents, j’ai finalement du me résigner à écrire à Groupon pour leur demander ce qu’il fallait faire dans ce cas, et j’ai reçu la réponse suivante :

Du coup, je me dis :
1. Ils sont réactifs chez Groupon (message envoyé le soir du 8 février, réponse reçue le lendemain dans la matinée)
2. J’aurais évidemment préféré un remboursement (je n’ai rien acheté chez Groupon depuis l’année dernière et je supprime presque machinalement leurs messages quotidiens), mais la solution proposée par Groupon est tout à fait acceptable, et appréciable
3. Ils sont même plutôt gentils (mon bon était valable du 12 août 2011 au 11 février 2012, j’aurais quand même pu me manifester un peu plus tôt que le 8 février)

Puis, le 10 février je reçois cet email :

Et là, je me dis : dommage…

L’ère du « tout maintenant » nous rend-elle plus heureux ?

Alors que j’étais tranquillement sur mon ordinateur avec la télé allumée en fond, j’entends « la nouvelle Fiat 500 à 149 euros par mois sans apport ». Dit comme ça, ça n’a effectivement pas l’air très cher. Pour combien de temps, pour quel prix total, ça on ne le sait pas vraiment – pour cela il aurait fallu lire le message qui défilait en bas de l’écran, et j’ai levé la tête trop tard pour pouvoir le faire. Le message que je retiens, c’est donc que je peux potentiellement avoir une voiture pour 149 euros par mois.

A en croire toutes nombre de publicités, l’achat à crédit est devenue monnaie courante. « Achetez maintenant, payez dans trois mois », « votre télévision à 19€… par mois, pendant 5 ans », etc. Et c’est vrai que c’est tentant : pour acheter mon premier iPod, j’ai dû mettre de côté l’argent que je gagnais grâce à mes heures de baby-sitting & co pendant de longs mois, afin de réunir péniblement la somme de 319€ (et oui, c’est le prix que le petit nano coûtait à l’époque, et pour seulement 4 Go…). Si j’avais pu l’acheter à crédit, quelques petites heures de baby-sitting m’auraient déjà permis de profiter de l’objet tant convoité, avant de le payer… plus tard.

De mon côté, je n’ai encore jamais acheté de « bien de consommation » à crédit. J’ai tendance à préférer économiser toute seule dans mon coin avant d’acheter quoi que ce soit. Pourquoi ? Tout d’abord, parce que j’avoue que ça me fait assez peur. Je n’aime pas être engagée (un grand merci à Xavier Niel grâce à qui on n’est dorénavant plus obligé de s’engager pour son forfait mobile – en revanche pour l’achat du terminal qui va avec, on a le droit à… un paiement en 24 à 36 mois… hum, hum), et le fait de devoir payer pendant des années pour un bien qui sera déjà obsolète à l’heure où j’aurai fini de le rembourser ne m’enchante pas vraiment. Mais aussi, parce que je change d’avis suffisamment souvent pour ne pas souhaiter renoncer à ma capacité de le faire. Economiser, c’est se donner le temps de réfléchir, de se poser des questions, et parfois de renoncer à un achat compulsif ou à une lubie. Acheter à crédit, c’est élargir considérablement le champ de ses achats possibles, parfois à raison, parfois à tort.

Je suis sûre que l’achat à crédit a sans doute permis à un tas de personnes de subvenir à des besoins essentiels, ou quasi-essentiels – peut-être qu’un couple aura ainsi pu acheter une poussette (sérieusement, ça coûte un bras ces trucs) pour son bébé, qu’un étudiant aura pu s’offrir un ordinateur pour ses études, et je ne sais quoi encore. Cependant, je reste encore largement dubitative sur les bienfaits d’une communication de plus en plus orientée vers ce mode de paiement – la possibilité de pouvoir acheter (presque) tout immédiatement est-elle réellement bénéfique ? Sait-on encore attendre ?

149€ / mois le pot de yaourt, c'est pas donné !

Photo : © Fiat Marseille

Merci TF1, j’ai eu ma dose de culture populaire pour l’année

Hier soir au restaurant, j’ai eu l’occasion de combler mes lacunes en « culture populaire » en regardant les NRJ Music Awards. Bon, je me permets juste une petite digression pour expliquer la phrase précédente – le restaurant en question était le japonais Kim, rue Port-Mahon, et outre le fait que le service y est très aimable (avec en prime chips de crevette et jus de litchi en entrée, et fruits à partager en dessert), il y a une télévision, qui était allumée hier pour cette grande occasion que sont les NRJ Music Awards.

J’ai ainsi pu découvrir – non sans douleur – que parmi les « révélations françaises de l’année » figuraient l’éternel David Guetta (aux côtés de sa tout aussi éternelle dulcinée Cathy qui décidément a l’air de rajeunir de jour en jour) et Christophe Maé (qui ne l’oublions pas, est tout de même Chevalier des Arts et des Lettres) aux côtés de toute une flopée d’ « artistes » dont je n’avais jamais entendu parler (en vrac : Bruno Mars, Mickaël Miro, Elisa Tovati, ainsi que la chaudasse de l’année Shy’m vêtue – ou presque pas en fait – de tenues ô combien douteuses. NDLR : j’avoue avoir triché et regardé les noms que je viens de mentionner – que j’avais déjà oubliés – sur le site des NRJ Music Awards…). Parmi les événements marquants de cette soirée, le groupe le plus beauf de l’année, j’ai nommé LMFAO (Laughing My Fucking Ass Off – ah ah qu’ils sont drôles…), a raflé une bonne partie des prix, tandis que Justin Bieber recevait déjà son Award d’honneur à 17 ans, la pauvre Mylène Farmer n’ayant droit au sien qu’à 50 ans (Edit : en fait c’est un Award de diamant qu’elle a reçu, la veinarde).

La télévision reste aujourd’hui le moyen de communication de masse le plus répandu et le plus accessible. Alors qu’à l’origine, elle était perçue comme un instrument d’information et une fenêtre d’ouverture sur le monde, elle est devenue le support d’émissions tout aussi superficielles les unes que les autres, soumises à la tyrannie de l’audimat. Ce matin, le Parisien nous apprend que TF1 a fait carton plein avec 31% de part d’audience pour cette daube, et il convient de rappeler qu’au petit jeu de l’audimat, TF1 se débrouille plus que bien, la chaîne ayant raflé 99 des meilleures audiences de l’année dernière (si vous ne me croyez pas, c’est écrit ici – oui je sais c’est difficile à croire et pourtant c’est vrai).

Bourdieu dans son essai Sur la télévision se plaignait déjà de l’aura accordée à l’audimat, considéré comme l’unique critère, voire la garantie, d’une certaine « qualité » (en réalité, son analyse porte essentiellement sur l’homogénéisation et la perte d’autonomie du champ journalistique provoqué par l’avènement de la télévision en tant que mass media, mais elle peut également s’appliquer au champ beaucoup plus vaste de la culture). On le sait, les contraintes économiques pesant sur le monde de l’audiovisuel provoquent mécaniquement chez les chaînes une recherche de l’audience la plus large et une poursuite effrénée du plus fort taux d’audimat. Bourdieu cite notamment l’exemple d’Arte qui est « passée, très rapidement, d’une politique d’ésotérisme intransigeant, voire agressif, à un compromis plus ou moins honteux avec les exigences de l’audimat qui conduit à cumuler les compromissions avec la facilité en prime time et l’ésotérisme aux heures avancées de la nuit » (NDLR : une fois encore je triche, j’ai le livre sous les yeux). Mais je me pose quand même la question : n’y a-t-il pas un devoir moral des chaînes de télévision à promouvoir une autre forme de culture, la « vraie » culture, au lieu de nous servir chaque année des émissions anesthésiantes et avilissantes au plus haut point ?

De mon côté j’ai déjà, comme l’avait fait le narrateur du roman La télévision de Jean-Philippe Toussaint, arrêté de regarder la télévision, davantage par manque d’intérêt pour les programmes diffusés sur les chaînes gratuites que par volonté de renoncer à une quelconque dépendance du petit écran. Et je continue d’espérer qu’un jour peut-être, un directeur des programmes aura le courage (même si dans les faits, au vu des rapports de force structurant le monde des medias et des relations économiques liant les chaînes à certains grands groupes, je suis bien consciente que ceci est bien loin d’être uniquement une question de courage) de redéfinir entièrement la ligne éditoriale de sa chaîne pour proposer une grille de programmes bien construite et s’éloignant autant que possible du conformisme actuel…

NB : A ceux qui me diront « t’as qu’à regarder Arte ou Canal » : Arte oui, Dieu merci, il nous reste une chaîne culturelle à regarder (et malgré ce que pourra en dire Bourdieu je trouve la chaîne encore bien loin de la recherche de l’audimat à tout prix), quant à Canal+ : c’est payant, et malheureusement ceux qui y gagneraient le plus à la regarder en lieu et place d’autres chaînes sont bien souvent ceux qui n’en ont pas les moyens…

Réseaux sociaux et force des liens faibles

Parfois, je me pose des questions sur la façon dont je gère mon identité sur les réseaux sociaux.
Je ne tiens pas ici à parler de l’éternel débat entre les partisans du « toute ma vie est sur Facebook » et ceux du « et bah moi, mon mur et toutes mes infos ne sont accessibles que par moi, ma vie est confidentielle, le méchant Facebook ne m’aura pas comme ça » (ah, ah). Chacun fait ce qu’il veut, personnellement j’ai du mal à croire que ce qui est publié sur un mur puisse être si préjudiciable que ça, et je me dis que les personnes qui sont suffisamment stupides pour se faire « avoir » par ce qu’elles publient sur les réseaux sociaux ne sont probablement pas des lumières non plus IRL… (Je repense à la malheureuse Stef… qui avait accepté la DRH d’une entreprise avant de passer un entretien avec elle et qui avait eu la bonne idée de se lâcher sur son mur Facebook après son entretien – par ailleurs échoué. La photo avait pas mal tourné l’année dernière, mais je la remets ici au cas où, elle me fait encore sourire…)

Bref, je m’égare (si le sujet vous intéresse, je me souviens qu’un reportage plutôt pas mal « Ma vie à poil sur le Net » du journaliste du Monde Yves Eudes avait été diffusé sur Canal+, et il est très certainement possible de le retrouver quelque part… Youtube par exemple).

Liens forts vs. liens faibles : la force des liens faibles ?

Une question que beaucoup de gens se posent est celle de la ligne éditoriale à adopter sur les médias sociaux – de quoi parler sur son mur Facebook, dans ses tweets, etc. Cette question est liée aux problématiques de personal branding, d’e-réputation , tout ça tout ça. Ce n’est pas non plus de ce point que je voudrais parler ici, mais plutôt de la notion de réseau fort ou faible. Les recherches du sociologue Mark Granovetter sur la diffusion de l’information au sein d’une communauté, et sa théorie de la « force des liens faibles » qui en a émané, ont montré que les liens faibles étaient ceux qui favorisaient la circulation d’information entre des cercles de « relations fortes » différents, tandis qu’au sein d’un réseau de liens forts, il existe peu de nouveauté d’informations. Ses études sur un panel de cadres américains ont ainsi permis de montrer que ces derniers trouvaient plus rapidement un poste en s’appuyant sur leur réseau de liens faibles que sur leurs liens forts.
Au vu du nombre de personnes qui m’ajoutent à tour de bras sur Linkedin (« XX has indicated that you’re a friend » étant particulièrement amusant à lire lorsque le XX en question n’a jamais daigné t’adresser la parole en quatre ans d’Ecole…), j’ai tendance à penser que la théorie de Granovetter commence à être connue. Sauf qu’à mon sens, il faudrait ajouter une distinction entre un lien faible et un lien inexistant. Un vrai lien faible suppose quand même un minimum d’interactions pour exister. Je ne vois pas l’intérêt d’accepter des personnes que je n’apprécie franchement pas sous prétexte qu’elles pourraient faire partie de mon réseau de liens faibles. Quand un lien n’a aucune chance d’être activé un jour, alors pour moi ce n’en est pas un (c’est comme un lien mort sur une page Web, ça ne sert à rien).
Je ne dis pas que je n’ai jamais accepté de personnes que je ne connaissais pas, j’ai déjà accepté des invitations « motivées » de type « on ne se connaît pas mais j’ai l’impression qu’on a les mêmes centres d’intérêt et on sera surement amené à se côtoyer un jour ou l’autre » – pourquoi pas, après tout.

« Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations. Tenez, Judas, par exemple, il avait des amis irréprochables. »

Non, cette jolie petite citation n’est pas de moi, c’est Verlaine qui l’a écrite. Et sa réciproque me semble tout aussi vraie. Et pourtant qui n’a jamais, après avoir rencontré quelqu’un, fait un petit tour sur son profil Facebook, comme ça, juste pour voir quels étaient nos « mutual friends » ? Plus d’une fois, il m’est arrivé de me faire une idée de quelqu’un à partir de ces « mutual friends » (ami de gens que j’aime bien : ça doit être quelqu’un de bien / ami de gens que je n’aime pas – et très clairement j’en ai un certain nombre dans mes amis Facebook : probablement à éviter.) Comme le souligne très justement Verlaine, on court en pratiquant ce genre d’associations le risque de se tromper complètement sur ladite personne.
Sur Facebook, j’accepte plus ou moins tout le monde, je pense que n’importe quelle personne censée peut comprendre que mes 745 « friends » ne sont pas tous mes amis. Mais sur les réseaux professionnels, peut-on réellement faire la même chose ? Que va penser le recruteur qui va voir que je suis « amie» avec un ancien employé incompétent ou détestable ?
En réalité, je n’ai pas de réponse à ça, tout ceci n’a probablement que peu d’importance. Mais dans le doute, je préfère pour l’instant continuer à refuser les demandes d’ajouts de personnes auxquelles je préfère ne pas être associée par un potentiel recruteur. Récemment, j’ai d’ailleurs songé à retirer certaines personnes de mes connexions pour les mêmes raisons, mais je ne l’ai toujours pas fait, sans trop savoir pourquoi. A méditer…

Les films qui m’ont marquée en 2011

Décidément, le temps passe bien plus vite qu’on ne le pense. Il n’y a pas si longtemps que ça, je publiais ici mon top 10 des films 2010, voici maintenant mon top 2011 – tout aussi subjectif que celui de l’année dernière évidemment.

L’Etrangère

L’histoire bouleversante d’une femme d’origine turque qui, épuisée par les maltraitances de son mari, décide de s’affranchir du joug des traditions en s’enfuyant de son foyer et en cherchant un refuge chez ses parents en Allemagne. Malgré leur amour pour leur fille, ces-derniers restent bien plus attachés aux valeurs de leur communauté qu’à celles de leur pays de résidence. Ils finissent par rejeter leur propre fille plutôt que d’avoir à endurer des possibles humiliations et le regard inquisiteur et réprobateur de la communauté à laquelle ils appartiennent. Un très beau film, et un exceptionnel réquisitoire contre l’intolérance d’une société ancrée dans ses traditions.

Drive

Je n’ai jamais été une très grande fan des films d’action, mais Drive est mis en scène avec une telle virtuosité que je suis restée scotchée au film, des toutes premières secondes au générique final. Qualité d’image exceptionnelle, performance inoubliable de Ryan Gosling, et pour couronner le tout, une BO tout simplement parfaite. Merci Nicolas Winding Refn

Une Séparation

Un très beau film sans artifice, porté par des acteurs exceptionnels – le genre de films devant lesquels on ne reste pas simples spectateurs et où l’on partage pleinement les sentiments des personnages.
D’ailleurs, je suis en train de me rendre compte que je n’ai toujours pas eu le temps de voir A propos d’Elly, le précédent film du réalisateur…

Black Swan

Noir. Troublant. Sublime. Un très grand Aronofsky

Et maintenant on va où

Un tout petit peu long à se mettre en place, mais presque aussi bon (en tout cas tout aussi drôle) que le délicieux Caramel (que je recommande très, très vivement à ceux qui auraient vu Et maintenant on va où et pas celui-ci)

Polisse

Je trouvais la présence de Maïwenn dans les trois-quarts des scènes du Bal des Actrices (film que j’ai vraiment beaucoup aimé par ailleurs) assez agaçante, et je crois que mon sentiment d’agacement est vite revenu en la voyant dans Polisse. A peine trois minutes plus tard, ce sentiment s’est effacé, remplacé par de l’admiration pour la réalisatrice / actrice qui signe avec Polisse un film réellement poignant. J’ai ri aux éclats lors de certaines scènes, mon cœur s’est serré pendant d’autres, mes yeux se sont humidifiés parfois. On peut aimer ou non la réalisatrice, nier son talent me paraît plus difficile.

Restless
Après avoir vu la bande-annonce de Restless, je me suis dit qu’il valait probablement mieux que je n’aille pas le voir tant j’ai redouté le mélodrame vaseux et l’histoire d’amour complètement clichée. Effectivement, les personnages sont pour le moins archétypaux, l’histoire est assez simplette, et pourtant, la magie de Gus Van Sant opère.

Super 8
Il fallait bien un gros blockbuster dans ce top, c’est J.J. Abrams qui m’a convaincue, en signant ce très bel hommage à Spielberg. Et mon petit doigt me dit que l’on reverra Elle Fanning très bientôt sur nos écrans, et que c’est vraiment mérité !

La piel que habito
Je ne comprends pas trop pourquoi ce film a été si critiqué, je le mettrais bien dans la liste de mes Almodovar préférés… Et dans un des plus grands rôles d’Antonio Banderas aussi.

Animal Kingdom
Ma claque de 2011. Vraiment dur, mais vraiment bien.

Deep End
Le chef d’œuvre de Skolimowski. J’ai bien envie de le revoir, tiens.

Bon je sais, ça fait 11 films dans un top 10, mais celui-ci ne compte pas vraiment puisque 2011 n’est que l’année de sa deuxième sortie en salles, après celle de 1971.

Mes (plus ou moins grandes) déceptions : Somewhere , The Tree of Life, Shame (il faut dire que j’en attendais beaucoup du tandem Steve McQueen / Michael Fassbender après le très bon Hunger…) , A dangerous method, L’ordre et la morale, Les hommes libres

Et mes bonnes surprises : Le complexe du castor, Intouchables, The Artist, Le Havre, Fighter, Blue Valentine, L’apollonide, souvenirs de la maison close, La guerre est déclarée, Les aventures de Tintin : le secret de la licorne, NEDS, Tomboy, Le discours d’un roi, Présumé Coupable (excellente prestation de Torreton), Minuit à Paris, Melancholia, 50/50, sans oublier le très dérangeant We need to talk about Kevin (Tilda Swinton et Ezra Miller absolument remarquables dans leurs rôles respectifs)

Les films dont j’aurais pu me passer : Time Out (pourtant le concept du temps devenu monnaie me paraissait plutôt bon), Tron, La Planète des Singes : Les Origines, Never Let Me Go, Cowboys et envahisseurs (3ème film avec Olivia Wilde de cette mini-liste, mais je vous assure que je n’ai rien contre elle, bien au contraire), Sex Friends

Les films que je n’ai pas vus et qui auraient pu y figurer d’après ce que j’ai pu lire dans la presse : L’exercice de l’Etat, Les neiges du Kilimandjaro, True Grit, Pater, Balada Triste, Habemus Papam, The green Hornet

Yelp Open Party, opération réussie!

Pour fêter son premier anniversaire, Yelp Paris a organisé ce soir sa première Open Party au Door Studios (soit dit en passant le lieu vaut le détour).
Le concept ? Une soirée consacrée à la dégustation de préparations culinaires – tartes, cocktails, pâtisseries, etc. – d’une sélection de partenaires de Yelp.

Mes coups de coeur :

1. Les tartes Kluger (la tarte à la mousse au chocolat est à tomber par terre) :

2. Les pâtisseries orientales de Diamande : un régal – pâtisseries orientales expérimentales (framboise-pistache, violette, orange-noix de cajou, et bien d’autres) ou plus traditionnelles :

3. Les associations expérimentales de Julhès : dégustation de divers whiskys accompagnés de mini-toasts de foie gras, pain d’épice-roquefort, jambon cru, etc. :

J’ai l’impression de ne faire que manger en ce moment, il va falloir que je songe à me calmer…

 

L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité

Mercredi 1er juin dernier, j’ai assisté à la conférence-débat « L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité. Quelle viabilité ? » organisée par Silicon Sentier à La Cantine.
Animé par Bruno Marzloff (Directeur du Groupe Chronos), ce débat a réuni Robin Chase (CEO de Buzzcar.com), Frédéric Mazzella (CEO de Covoiturage.fr) et Jean-Louis Jourdan (Directeur du développement durable de la SNCF) (cf. page de l’événement)

Je suis personnellement convaincue du bien fondé de l’autopartage et du covoiturage, et je pense sincèrement que des entreprises comme Buzzcar ou Covoiturage.fr sont promises à un très bel avenir. Pourquoi ? Parce que comme l’ont souligné les intervenants lors de la conférence, si les besoins en transports sont loin de diminuer, la perception de la voiture a quant à elle beaucoup évolué au fil du temps. En quelques décennies, elle est passée du rang de témoin de réussite socio-professionnelle et de liberté individuelle à celui de contrainte économique (coût d’acquisition et d’entretien) et productive (congestion sur les routes et en ville, impact environnemental, etc.). L’émergence de nouveaux services à la mobilité permise par l’arrivée d’acteurs extérieurs au monde traditionnel de l’automobile a permis de replacer la mobilité – et non plus l’automobile – au centre du débat sur les transports.

L’automobile et l’individu : naissance et fin d’une grande histoire d’amour

L’histoire d’amour entre l’individu et l’automobile commence en 1908, lorsque la Dame en Noir, la Ford T, sort des entrepôts de la Ford Motor Company et « met l’Amérique sur des roues ». Construite à plus de 16 millions d’exemplaires entre 1908 et 1927, elle inaugure les méthodes de production à la chaîne et devient la première voiture accessible à tous.

Depuis, les constructeurs automobiles n’ont cessé de promouvoir la voiture en tant qu’objet universel et indispensable, et sont parvenus à créer chez les conducteurs un rapport affectif à leur voiture. Elle est ainsi devenue au fil des années le compagnon de la famille (dans un premier temps), puis de l’individu à chaque étape de sa vie (la voiture familiale n’étant alors qu’une voiture parmi tant d’autres achetées par l’individu au cours de sa vie), si bien que l’acquisition d’une voiture est devenue une véritable finalité – et le reflet de la réussite sociale.

Cependant, cette perception de la voiture est aujourd’hui bouleversée et les moins de 30 ans la considèrent de plus en plus comme une contrainte – tout d’abord financière (coût d’acquisition, assurance, essence, parking, entretien, etc.) mais également productive (infrastructures routières congestionnées, centres urbains bouchés) et environnementale. Il en résulte une transformation de la façon dont les individus pensent la mobilité et une prise de conscience que si le besoin de déplacement n’a pas disparu (bien au contraire), ce n’est pas la possession d’un véhicule mais bien son utilisation qui permet d’assouvir ce besoin.

De la voiture personnelle aux services de mobilité – Buzzcar, Covoiturage.fr & co

Face à cette contestation croissante du modèle « une automobile par personne », on assiste à l’avènement d’un nouvel écosystème de la mobilité, qui se traduit par l’arrivée de nouveaux acteurs dans le monde de l’automobile. Ces entreprises proposent des alternatives novatrices en termes de mobilité visant soit à remplacer soit à améliorer l’utilisation de véhicules privés.

Parmi les services proposés, certaines entreprises louent des véhicules à usage temporaire pour des durées plus courtes que pour une location traditionnelle (de la camionnette pour les déménagements à la voiture de luxe pour les grandes occasions), tandis que d’autres mettent en relation les individus souhaitant partager leurs trajets, ou encore offrent aux individus la possibilité de louer leur voiture lorsqu’ils ne les utilisent pas.

Par exemple, Buzzcar est une start-up d’autopartage créée par Robin Chase (déjà fondatrice du réseau américain Zipcar).
Pour que ce type de services fonctionne bien, il est indispensable que l’utilisateur puisse accéder à la plateforme de réservation de n’importe où, et ça tombe bien car c’est dorénavant possible grâce à la belle application iPhone permettant de gérer ses réservations en toute sécurité (et l’application Androïd est actuellement en cours de développement et ne devrait pas tarder à arriver !).

Dans un article sur l’économie du partage publié sur le blog de Buzzcar, Robin Chase résume ainsi le principe de Buzzcar : « Grâce à Buzzcar, je ne partage ma voiture que quand je n’en ai pas besoin (et soyons honnête, c’est la plupart du temps). Et je sais que “le conducteur que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam” n’est pas un complet étranger. Je vois son permis de conduire et sa carte d’identité, ses photos et les notations et commentaires des autres membres. Je dépense moins en assurance et plus sur ce qui me fait plaisir ! »

Dans le même état d’esprit, Voiturelib permet aussi de mettre en relation les particuliers souhaitant optimiser l’utilisation de leur véhicule et ceux qui désirent en louer une, et leur offre également une assurance à la location afin de rassurer davantage les membres de sa communauté. En revanche, pas d’application mobile à ce jour pour ce site, ce qui est je trouve un peu dommage.
Edit 02/09/2013 : Voiturelib est devenu Drivy, et dispose dorénavant de son appli mobile

De son côté, Covoiturage.fr propose depuis 2004 de mettre en contact les particuliers qui souhaitent partager un trajet en voiture et les frais associés. Le site a franchi en avril le cap du million de membres et génère chaque mois des partages de trajets pour 250 000 personnes, pour un total 6M de voyages depuis sa création (source : article Frenchweb). Les membres s’évaluent après chaque trajet, et cela peut être l’occasion de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt que vous. Je n’ai jamais personnellement testé, mais j’aime le concept.

Entretien avec Frédéric Mazzella, fondateur de Comuto, éditeur de Covoiturage.fr

Frédéric Mazella, Covoiturage.fr par frenchweb

Mais que font les constructeurs automobiles ?

Ainsi que le souligne le rapport « En route vers une mobilité plus intelligente – horizon 2020 » publié par IBM en 2010 (pour ceux qui n’ont pas le courage de tout lire, une synthèse de 4 pages est disponible ici), les constructeurs automobiles possèdent de nombreux atouts – bonne connaissance du véhicule en tant que produit, réseau de concessionnaires à travers toute la France, sociétés captives de financement, etc. – qui, s’ils sont mis à profit à temps, pourraient leur permettre de se positionner de façon avantageuse sur le marché des services de mobilité. Dans cette étude, IBM identifie trois options principales permettant aux constructeurs de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs :

1. L’élargissement du portefeuille produit, avec notamment davantage de véhicules hybrides ou électriques – à ce titre, Renault ouvre la marche avec sa gamme de véhicules électriques Z.E. dont quatre modèles vont être commercialisés dans le courant de l’année
2. La construction de véhicules plus intelligents, avec des offres de télématiques élargies (on pense ici aux systèmes électroniques et logiciels embarqués – systèmes de navigation / trafic ou de conduite intelligente, services d’information, d’urgence et de sécurité, etc. – qui seront potentiellement personnalisés via des applications sur smartphones)
3. La combinaison de l’offre produit avec divers services à la mobilité

Sur ce troisième point, c’est plutôt Peugeot qui est en tête parmi les constructeurs français, avec son offre de mobilité Mu by Peugeot lancée en 2010. Celle-ci permet aux particuliers de consommer à la carte des services de mobilité allant du vélo électrique au véhicule utilitaire, en passant par le scooter pour les déplacements urbains ou le cabriolet pour les weekends romantiques.

Finalement, ce que j’ai trouvé très dommage lors de cette conférence-débat, c’est que justement le débat soit quasiment inexistant, et ce malgré l’apparition spectaculaire et inattendue de « Monsieur Avis » – je n’ai pas retenu son nom, ni d’ailleurs sa fonction précise chez Avis – à la dernière minute.
Ce qui ressort de cette conférence, c’est un mélange de « les-voitures-individuelles-polluent-trop-sont-trop-cheres-vivent-les-transports-en-commun » et de « la-SNCF-fait-ce-qu’elle-peut-mais-est-impuissante-sur-le-court-terme-donc-les-particuliers-doivent-se-débrouiller-tout-seuls-et-les-start-ups-les-aident-à-s’organiser. » Dans le fond, ce n’est certainement pas complètement faux, mais peut-être aurait-il été plus pertinent d’élargir le panel d’intervenants en invitant par exemple les constructeurs et les services de location de véhicules à se joindre au débat afin de l’équilibrer un peu plus. Certains points clés auraient ainsi pu être abordés, notamment la question d’éventuelles alliances entre constructeurs (qui se cantonneraient dès lors à fournir du matériel très sophistiqué) et entreprises de services de mobilité, ou bien d’un éventuel rachat de ces dernières par les constructeurs comme prélude à une transformation du secteur automobile à un secteur de la mobilité ?

NB : Pour ceux que la consommation collaborative en général intéresse, j’ai écrit il y a quelques temps un article à ce sujet, disponible ici.

La tablette, compagnon idéal de la télévision



Selon une étude Nielsen récente, 70% des possesseurs de tablettes affirment les utiliser lorsqu’ils regardent la télévision, à tel point que près d’un tiers du temps passé sur une tablette l’est fait parallèlement à la télévision.
Depuis des années les constructeurs d’électronique essayent en vain de nous vendre des télécommandes et claviers en tout genre pour faire de la télévision un écran interactif. C’est finalement Apple qui a gagné le pari avec son iPad, les tablettes apparaissent dorénavant comme l’outil de prédilection pour interagir avec la télévision, devenant ainsi un écran complémentaire pour la télévision.

Le Plus, futur remplaçant du Post ?

J’ai enfin reçu mon invitation pour la version bêta privée du Plus, le site participatif du Nouvel Obs qui sera lancé officiellement le 16 mai. De même que le Post, ce site permet aux contributeurs de créer leurs propres articles ou de les commenter. Pour ce projet, Claude Perdriel s’est entouré de nombreux transfuges du Post, notamment de l’un des cofondateurs-mêmes du poste Benoît Raphaël, qui est d’ailleurs l’un des co-créateurs du Plus et qui conseille le Nouvel Observateur dans sa stratégie numérique. Aude Baron, ex-responsable du pôle web au Post, est également de la partie en tant que rédactrice en chef adjointe du Nouvel Obs, en charge du Plus.

Quel contenu pour le Plus?

Le Plus a l’ambition de se positionner comme un « Post de meilleure qualité ». La modération des contributions sera faite a posteriori, mais le site mise également beaucoup sur l’auto-modération (lire à ce propos l’interview d’Aude Baron sur le blog d’Erwann Gaucher) – on ne peut en effet s’inscrire sur le Plus qu’en liant son compte Facebook ou Twitter.

Ce que j’aime sur Le Plus

Tout d’abord, le design – clair, épuré, avec de belles images – est agréable, et la navigation est aisée. Ensuite, en haut de chaque article on vous précise le temps nécessaire à sa lecture (je ne sais pas si c’est très utile, mais en tout cas ça m’a plu) ainsi que le nom de la personne à la rédaction ayant décidé de mettre l’article à la une (sous la forme « Sélectionné et édité par… »), témoignant ainsi d’une volonté de transparence accrue du site.

Page d’accueil du site

Réussir là où Le Post a échoué ?

Honnêtement je ne vois pas vraiment comment Le Plus gagnerait de l’argent, son modèle économique reposant sur la publicité. Mais là n’est probablement pas le but d’un tel site. Comme le soulignait Benoît Raphaël, toute la différence avec le Post réside dans l’existence de synergies entre Le Plus et Le Nouvel Obs : « Vous n’avez pas à vous dire qu’on doit le rendre viable économiquement puisque ça rentre dans l’ensemble de l’économie du site » (source : article paru sur Streetpress le 28 avril dernier). Le Plus a en effet présenté comme un projet totalement intégré dans la stratégie de développement du Nouvel Obs, ainsi qu’en témoigne l’URL du site leplus.nouvelobs.com, et le site dispose également d’un espace dédié sur le site du Nouvel Obs et même dans la version papier. Le Plus parviendra-t-il a atteindre une audience aussi significative que celle du Post et à devenir un site d’info de premier plan ? A suivre, après le lancement du site la semaine prochaine…

Dis moi ce que tu manges…

Aujourd’hui, je viens de tester une nouvelle appli iPhone. Comme si me ridiculiser – au resto en photographiant ce que je mange pour pouvoir le synchroniser sur Foodspotting, et au bar en check-in sur les bières que je bois sur Untappd – ne me suffisait pas, je peux désormais m’y mettre à la maison également, en scannant… les codes barres des produits que je mange / j’achète grâce à Shopwise! (youpi)

L’intérêt du truc ?
Shopwise analyse les produits alimentaires et au moyen d’une grille de notation (qui inclus des critères comme la qualité des ingrédients, l’utilisations d’additifs, la présence d’OGM, etc.) leur donne une note.
On peut également se créer un profil – pour l’instant pas très complet et utile essentiellement pour les personnes allergiques à certaines substances ainsi que pour les femmes enceintes (c’est déjà pas mal).

Voilà un petit aperçu de ce que ça donne :

J’ai aussi mangé des abricots mais ils ne figuraient pas encore dans le répertoire connu de l’appli ; Shopwise propose alors de photographier le produit – ce que j’ai fait. Reste à savoir dans combien de temps mes abricots moelleux Maître Prunille seront ajoutés à la base…