Kickstarter, ou l’économie de l’empathie

Moi aussi j’ai donné de l’argent à un millionnaire, et alors ?

Il y a quelques temps, je suis tombée sur cet article, accusant Zach Braff d’avoir rejoint le club des « Kickstarter abuser », que son auteur définit ainsi : « a Kickstarter abuser is a well-known person who has the financial means and/or profesionnal connections to fully fund their project without asking their fans for money but asks anyway ». Bon nombre de célébrités seraient concernées, parmi lesquelles Zach Braff.

Certes, Zach Braff est certainement millionnaire, et je me doute bien qu’il avait probablement d’autres moyens de financer son film.
Mais voilà, j’ai vu Garden State je ne sais combien de fois quand j’étais ado, et Zach Braff me faisait aussi beaucoup rire dans Scrubs. La vidéo de son pitch sur Kickstarter est marrante, m’a donné envie de donner un peu de sous, en échange de quoi j’aurai droit à un screening du film en avance et quelques goodies. En soi, le mécanisme me semble assez proche d’une précommande, à part que la contribution permet de financer le film au lieu d’être encaissée une fois le film sorti en salles. Pour moi c’est simplement une marque de soutien envers un artiste, je ne comprends pas vraiment qu’on puisse lui en vouloir d’avoir demandé des fonds par cette voie. Et puis si donner de l’argent rend les gens heureux, laissons-les donner, non ?

Un don en entraîne un autre (je vous assure, j’ai testé)

I Wish I Was Here est le premier projet que j’ai financé sur Kickstarter, j’en suis à 5 aujourd’hui (Et en pas très longtemps – oui oui voilà que je me prends pour une mécène maintenant…). Parce que je reçois fréquemment des updates des projets que j’ai backés, je vais de plus en plus souvent sur Kickstarter, et en flânant sur le site je trouve souvent des projets qui me plaisent. Je ne pense vraiment pas que les projets des pseudos « abusers » fassent de l’ombre aux autres projets sur la plateforme, bien au contraire. Ces gros pledges ont contribué de façon non négligeable à accroître la notoriété du site, et je ne pense pas être la seule à être entrée dans le « jeu » du financement de projets après avoir backé le film de Zach Braff. Si des projets d’une telle ampleur parviennent à faire venir plus de monde sur le site, alors il faudrait plutôt les remercier que de les accuser quoi que ce soit.

Mais au fond, pourquoi donne-t-on sur Kickstarter ?

Plutôt que de demander aux gens pourquoi ils donnent leur argent à des riches, il me semblerait plus intéressant de leur demander pourquoi ils donnent (tout court).

Je me suis rendue compte qu’à l’exception du film de Zach Braff, je n’ai financé sur Kickstarter que des documentaires. D’une part, parce que je suis particulièrement sensible au film en tant que mode d’expression (j’avais été particulièrement touchée par Garden State pour la justesse des relations et sentiments retranscrits dans le film). Mais surtout, parce que tous défendent des causes qui m’interpellent ou qui me sont chères, et que je suis heureuse de pouvoir contribuer, même de façon minime, à la réalisation de ces films qui permettront un jour de porter à la connaissance du public des messages auxquels je crois.

Alors que je cherchais à comprendre les raisons pour lesquelles on donne (pas forcément sur Kickstarter), un ami m’a envoyé cette vidéo, qui place le concept d’empathie au centre des relations humaines :

Alors que le XXe siècle était celui de l’introspection, le XXIe siècle est celui de l’ »outrospection », de la curiosité, de l’ouverture aux autres. L’empathie cognitive permet d’entrer dans le monde de quelqu’un d’autre, de comprendre son point de vue, ses croyances, et ainsi de mettre fin aux présupposés sur les gens et d’aller au delà des étiquettes qu’on leur attribue.

Ce qui pousse à faire quelque chose pour l’autre (sans en attendre quoi que ce soit en retour), c’est peut-être justement cette empathie, le don devenant alors une marque d’approbation d’une manière de penser ou d’agir. Que ce soit pour Alex qui fait du recyclage d’objets son mode de vie, ou pour Stacey qui souhaite réaliser un documentaire sur des enfants élevés dans des familles « non-traditionnelles » afin de sensibiliser les gens et de promouvoir la tolérance des différences, je ressens une véritable empathie qui m’a poussé à soutenir leurs projets respectifs.

Si cette empathie pousse à donner, c’est aussi celle qui me fait croire à la force d’un film documentaire : exposer à la vue de tous le quotidien de personnes différentes, leurs expériences, leur façon de penser, leurs opinions, leurs sentiments, afin de faciliter la compréhension, puis l’acceptation de points de vue différents.

Aujourd’hui, je donne pour que des gens dont je partage les convictions puissent s’exprimer et les diffuser. Je regrette de ne pas avoir financé la Pebble – qui selon moi est le précurseur de la montre du futur (et que si je la commande maintenant je ne l’aurai pas avant au moins un an..), et je reste en permanence à l’affut de projets innovants ayant vocation à améliorer nos modes de vie actuels. Demain, j’espère que je pourrai financer la commercialisation de l’imprimante 3D qui permettra au mouvement des makers de véritablement prendre son envol.

Et vous, donnez-vous sur Kickstarter ? Pour quels types de projets ?

NB : Tout ceci étant dit, I Wish I Was Here a vraiment intérêt à être bien, sinon je risque de beaucoup en vouloir à ce cher Zach !

Quand la création collaborative se met au service de la production de films

La start-up de financement collaboratif Kickstarter a beaucoup fait parler d’elle ces derniers temps grâce au succès de la montre Pebble, détenant depuis mai dernier le record du projet ayant levé le plus de fonds sur la plateforme (10 millions de dollars levés auprès de 69 000 personnes en un mois pour un objectif initial de 100 000 dollars – la page du projet est encore disponible ici). A présent, c’est au tour du projet du stylo d’impression 3D 3Doodler d’enthousiasmer le web, puisqu’en à peine un jour le projet a déjà levé 900 000 dollars (pour un objectif de 30 000 dollars).

Ce qui fait un peu moins de bruit, c’est l’importance croissante de la plateforme de crowdfunding dans le financement de films. Et pourtant, cette année comme l’année dernière, 10% des films sélectionnés à Sundance étaient – au moins partiellement – financés par Kickstarter. Ces films n’ont d’ailleurs pas seulement remporté l’adhésion de supporters en ligne mais également celle des critiques : Blood Brother, financé via Kickstarter et Indiegogo, a remporté le mois dernier le Grand Prix du Jury de Sundance, tandis que trois films (Kings Point et Inocente dans la catégorie des Documentaires et Buzkashi Boys dans celle des Courts-Métrages) financés via Kickstarter figurent dans la liste des nominés aux Oscars. Un de ces films aura-t-il droit à son Oscar dimanche (ça suffirait peut-être à me consoler de celui qui a de grandes chances d’être remis à Argo…) ?

On entend souvent des grands noms de l’industrie du cinéma (rappelez-vous Christopher Dodd, PDG de la Motion Picture Association of America et son tristement célèbre Stop Online Piracy Act – à ce propos, ils auraient récemment décidé d’abandonner toute législation sur le sujet et de chercher d’autres voies pour combattre le piratage  ) se lamenter sur le fait que le web a provoqué le développement du piratage de films (sans prendre la peine de mesurer l’impact positif qu’il a eu sur les ventes digitales de ces mêmes films). Il serait aujourd’hui temps de reconnaître l’impact de ces levées de fonds permises par le web sur la création même de nombreux films. Voilà à présent trois ans que le Sundance Institute et Kickstarter ont annoncé leur partenariat. Et ces trois dernières années, le site a permis de lever plus de 100 millions de dollars pour financer des projets vidéos (longs et courts métrages, webséries, documentaires, etc.) auprès de 900 000 « backers » (plus de chiffres ici.)


Dans cet article paru sur Mediadecoder, David Carr compare Kickstarter à un studio, « sans les egos » des studios : contrairement à ce qui se passe avec les studios, le greenlight donné à un film ne vient pas directement de Kickstarter mais d’une communauté d’individus prêts à payer (même des petites sommes) pour permettre au film de voir le jour. Par le biais de Kickstarter, les réalisateurs peuvent enfin s’adresser directement à leur public et pitcher leur film tout en conservant leur indépendance. Et comme pour tous les projets Kickstarter, les promesses de dons ne sont versées que si l’objectif fixé initialement est atteint. « Kickstarter représente en quelque sort le triomphe des petits nombres », nous dit David Carr. A mon sens, Kickstarter marque surtout l’avènement d’un nouveau modèle de production prenant son sens non plus dans la consommation qui en découle mais bien dans son processus de création même, ce processus de création participative permettant à chacun d’apporter sa contribution.

J’aime l’économie collaborative (j’en parle ici et par exemple), et j’aime le cinéma. Quand les deux se rencontrent, ça donne toute une flopée de très beaux films. Alors vraiment, merci Kickstarter.

Si vous avez un peu de temps je vous invite à lire cette interview de Perry Chen, fondateur de Kickstarter – je crois que j’aimerais beaucoup le rencontrer.

Et pour finir, la très jolie bande-annonce de Blood Brother :

Blood Brother Trailer from Blood Brother on Vimeo.

La révolution de Netflix en est-elle vraiment une ?

Avec la sortie de la – très attendue – première saison de House Of Cards le 1er février, Netflix a enfin réussi son pari de révolutionner la télévision. Et pourtant, il était loin d’être gagné d’avance. Mais qu’est-ce qui va réellement changer pour le (télé)spectateur ?

De la diffusion de contenus « outdatés » à la création originale

Si aux Etats-Unis, la chronologie des médias permet de rendre un film disponible au sein d’un service de VOD par abonnement (SVOD) environ un an après sa sortie en salles, ce délai est porté à 36 mois en France. Alors que certains critiquent déjà la fraîcheur du catalogue Netflix aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, on a bien du mal à imaginer comment Netflix pourrait sortir un service convaincant en France s’il ne devait être composé que de films de plus de trois ans et de séries diffusées et rediffusées à la télévision. Dès lors, comment parvenir à convaincre les spectateurs de s’abonner au service puis de payer tous les mois pour continuer à y accéder ?

La clé du succès de la chaîne HBO aux Etats-Unis réside dans ses créations originales – Les Soprano, The Wire, Boardwalk Empire, Game of Thrones, et plus récemment Girls ont toutes contribué à bâtir puis renforcer le prestige de la chaîne, et la qualité de ces séries lui suffit probablement à maintenir une base d’abonnés fidèles. Deux critères essentiels donc : qualité du contenu, et exclusivité (au moins pour une durée suffisamment longue).

Après avoir déboursé 1 million de dollars par épisode de Mad Men pour obtenir l’exclusivité en streaming de la série phare d’AMC (et alors qu’Amazon vient de signer un deal similaire pour Downton Abbey), Netflix est passé à la vitesse supérieure en se lançant comme HBO dans la création originale. Pour acquérir les droits des deux premières saisons de House Of Cards, Netflix aurait déboursé plus de 100 millions de dollars, une somme supérieure à celle que des grandes chaînes comme HBO ou AMC étaient prêtes à payer. Et tandis que traditionnellement les chaînes ne commandent une série que si le pilote les a convaincues, Netflix a marqué les esprits en commandant d’un coup les deux premières saisons de 13 épisodes chacune complètement à l’aveugle (en sachant tout de même que la série était produite et en partie réalisée par David Fincher et que Kevin Spacey y incarnait le personnel principal, ce qui n’est pas rien).

Netflix n’a pas l’air de vouloir s’arrêter là, comme en témoigne le développement prochain de « Turbo: F.A.S.T. (Fast Action Stunt Team) », une série pour enfants inspirée du dessin animé Dreamworks qui sortira cet été.

Et Ted Sarandos, Directeur des contenus de Netflix, disposerait d’un budget de 6 milliards de dollars pour les 3 prochaines années, dont 300 millions consacrés à la production originale. Son objectif ? Devenir HBO avant que HBO ne devienne Netflix.

Netflix n’est pas le seul service de vidéos à se lancer dans la création originale dans l’espoir de capter l’audience des chaînes TV. Amazon a récemment annoncé son intention de produire des séries et aurait décidé de financer 12 pilotes (6 comédies et 6 séries pour enfants). Netflix comme Amazon mettent en avant le fait que contrairement aux grandes chaînes du câble, elles n’interfèreront pas dans le développement des créations originales, laissant ainsi aux réalisateurs et aux producteurs une liberté totale. J’ai le sentiment que cette indépendance vis-à-vis des chaînes aura au moins un impact positif sur qualité des contenus en rendant les scénaristes maîtres de leurs programmes, et ce sans avoir à se préoccuper des coupes publicitaires régulières imposant leur rythme aux épisodes. Il devrait (ou pourrait) ainsi en résulter des scénarios plus travaillés, sans suspense artificiellement provoqué avant chaque publicité pour tenir le spectateur en haleine (et le faire rester devant la télévision pour ne pas rater la suite).

Microsoft a également annoncé son retour dans les contenus, et espère lancer ses propres contenus sur la Xbox dès la fin de l’année, en mettant l’accent sur les contenus interactifs, plus attrayants pour leur public.

En France, OCS suit également le modèle d’HBO et vient de lancer sa troisième création originale : Lazy Company, actuellement en cours de diffusion sur OCS max.

Nouveaux programmes, nouveaux usages

Voilà déjà bien longtemps que la télévision n’est plus seulement linéaire (bon, sauf pour le foot et la Nouvelle Star si vous voulez). De nombreux programmes sont disponibles gratuitement en catch-up pendant une durée de 7 jours à compter de leur diffusion TV via les box des opérateurs ou sur le web. En ce qui concerne les séries – rarement disponibles en catch-up sur les chaînes gratuites – il a longtemps fallu se plier aux diffusions hebdomadaires des chaînes. Et pourtant là encore, certaines chaînes ont su innover et proposer des services permettant aux téléspectateurs de s’affranchir – en partie – des contraintes de la programmation linéaire. Ainsi, sur les chaînes OCS, la fonctionnalité start-over permet de reprendre au début un programme pendant sa diffusion sur la chaîne. Vous arrivez 20 mn après le début de Walking Dead ? Hop, un petit clic sur « redémarrer » et la série recommence rien que pour vous.

Netflix a voulu aller encore plus loin avec House Of Cards. Après avoir ouvertement pris position contre l’ “insatisfaction contrôlée” (“The point of managed dissatisfaction is waiting. You’re supposed to wait for your show that comes on Wednesday at 8 p.m., wait for the new season, see all the ads everywhere for the new season, talk to your friends at the office about how excited you are”), Reed Hastings, PDG de Netflix, a déclaré vouloir mettre fin à l’attente hebdomadaire caractéristique des séries TV en rendant tous les épisodes de la première saison de House Of Cards disponibles en même temps.

Voilà déjà quelques temps que l’on commençait à parler de “binge-viewing” (terme dérivé de “binge-drinking”) pour décrire un nouveau mode de consommation des séries TV, consistant à enchaîner de nombreux épisodes sans s’arrêter.

Pour ma part, j’ai plutôt tendance à regarder mes séries toutes les semaines, sauf pour la saison 1 de Girls que j’ai regardée en une fois pendant ma grippe en décembre. Cependant, il m’est également arrivé plusieurs fois de laisser passer quelques semaines sans regarder Mad Men pour pouvoir ensuite regarder plusieurs épisodes à la suite, ce que je faisais déjà pour Six Feet Under. Pour ces séries au format long, j’ai le sentiment que l’on perçoit mieux certaines subtilités en regardant plusieurs épisodes de façon rapprochée, que l’on parvient mieux à faire des liens entre certaines scènes, et que l’on comprend davantage la psychologie et les traits de caractère des personnages.

Un petit sondage effectué par Wired à peine une semaine après la sortie de House Of Cards met en évidence le fait qu’avec House Of Cards, le binge viewing a été la règle.

Pour ma part, je suis encore assez partagée sur ce modèle de consommation. Tout d’abord, je suis aujourd’hui en sérieux manque de sommeil, comme doivent probablement l’être toutes les personnes qui ont regardé la série (heureusement que la 2ème saison n’est pas sortie en même temps…), et je me dis que j’aurais peut-être préféré une modération imposée via une diffusion périodique des épisodes de série.

Ensuite, j’ai même si j’ai trouvé cette série excellente, j’ai quand même regretté la relative perte de lien social provoqué par sa non-diffusion à la télévision. L’avantage de la diffusion en linéaire, c’est que tous mes amis suivant telle ou telle série en sont tous au même épisode. Je me suis retrouvée plusieurs fois à faire des soirées True Blood, Californication, Mad Men, etc. avec des amis, ce que j’ai un peu de mal à imaginer sur un service tel que Netflix : pourquoi décider un soir plus qu’un autre de se rassembler autour d’un ordinateur pour regarder des séries disponibles à tout moment ? L’agitation qui précède la sortie d’un nouvel épisode, le live-tweet lors de sa diffusion, l’impatience générée par l’attente de la prochaine saison, sont pour moi indissociables des séries, et j’ai du mal à imaginer un modèle reposant uniquement sur le binge viewing, que j’ai cependant pratiqué pour House Of Cards (je ne tenais pas à ce qu’un malheureux spoil sur Twitter ou ailleurs me gâche le plaisir de regarder la série).

Et puis bon en fin de compte, « managed dissatisfaction » ou pas, arrive bien un moment – en l’occurrence maintenant – où on se retrouve obligé d’attendre pour pouvoir voir la deuxième saison.

Quant à l’intérêt pour Netflix de rendre tous les épisodes disponibles en même temps plutôt que de les espacer dans le temps (tout en laissant les épisodes précédents disponibles sur le site pour les retardataires), j’avoue ne toujours pas l’avoir vraiment saisi. Si l’objectif est bien de disposer d’une base d’abonnés croissante, ne serait-il pas plus efficace de se garantir au moins une base constante d’abonnés fidèles à la série, qui après un bouche à oreille convertiraient leurs amis en de nouveaux abonnés ?

Pourquoi j’aime de plus en plus le e-commerce (enfin, certains sites)

Depuis quelques années, j’achète de moins en moins en magasin et de plus en plus en ligne. Aujourd’hui, j’estime réaliser environ 80% de mes achats sur Internet (reste encore l’alimentaire que j’achète au Carrefour Market d’à côté parce que je n’aime pas faire de stocks et que j’achète en général juste ce qu’il me faut pour un soir ou deux). Et je suis sans cesse impressionnée par les systèmes de tracking et de CRM de plus en plus performants de certains sites de e-commerce. Ce soir, deux sites m’ont agréablement surprise :

Amazon et son « Economisez en vous abonnant »

La quasi-totalité de mes livres (oui, j’avoue, j’achète encore des livres en vrai papier avec de la vraie encre – mais j’ai encore de bonnes raisons de le faire que je pourrai vous détailler à l’occasion) vient d’Amazon, de même qu’une bonne partie de mes DVD (bon là en revanche, je n’en achète plus, le tandem carte UGC Illimité & VOD – sur la TV d’Orange bien sûr ;-) – me suffisant amplement). Mais ce n’est pas tout : des objets aussi divers que ma télévision, mes chaussures de course à pied ou encore ma brosse à dents ont aussi été achetés via le site. Et c’est justement en regardant si Amazon vendait des recharges pour brosses à dents que je suis tombée sur l’item « économisez en vous abonnant » dans la zone de commande (faudra quand même qu’on m’explique pourquoi le « 4 mois » est le plus souscrit, sachant qu’il y a 3 recharges dans un paquet et que chaque recharge est censée durer 3 mois…).

C’est vraiment un chouette service lorsqu’on habite dans une petite surface et qu’on n’a pas forcément de place pour stocker des choses. Et ca marche pour pas mal d’articles : lessive, boîtes de mouchoirs, etc. (liste des produits éligibles ici) bref, un certain nombre de trucs dont on se retrouve toujours à manquer au moment où veut en utiliser…

Moi qui admirais déjà Amazon pour son moteur de recommandation particulièrement juste (encore perfectible cependant, notamment concernant l’identification de références « identiques » mais provenant d’éditions différentes – j’ai ainsi eu droit à une recommandation d’un livre alors que je venais de l’acheter dans une autre édition), pour son mailing bien ciblé envoyé pile poil au bon timing (j’ai du regarder une ou deux fois le JuicePresso il y a quelques mois, voici qu’on m’envoie un mail m’indiquant que ce produit m’intéresse certainement – rahhh ça y est je le reveux, regardez-le en action), je crois que je suis encore plus contente de leur service d’abonnement aux produits commandés fréquemment.

Made In Design

Dans un autre esprit, j’ai souri en voyant ce mail envoyé par Madeindesign alors que j’avais mis un article dans mon panier et que je m’étais égarée ailleurs (j’ai particulièrement souri en voyant les montants indiqués : livraison gratuite à partir de 80 euros alors que mon panier en faisait 79 – très probablement une coïncidence, mais si ce n’est pas le cas, ils sont vraiment forts).
On a de plus en plus tendance à faire plusieurs choses à la fois, et il m’arrive fréquemment de commencer des commandes quelque part, puis de les oublier et d’éteindre mon ordinateur. La petite piqûre de rappel par email me paraît donc fort bien trouvée (et ça marche plutôt bien, en tout cas dans mon cas).

Bref, tout ça pour dire que j’aime beaucoup la façon dont évoluent bon nombre de sites de e-commerce – et ce n’est pas fini, il y a encore plein de belles choses à faire dans le domaine (on peut aussi voir les choses différemment en considérant qu’ayant passé commande sur les deux sites mentionnés ci-dessus je me suis tout simplement bien faite avoir, mais bon moi je suis bien contente de mes achats :-) )

La bonne surprise de Groupon… puis la moins bonne

Il y a un certain temps, j’ai acheté un bon chez Groupon pour un restaurant indien. Malheureusement, quand est venu le moment de réserver mon dîner, je suis tombée sur la messagerie – saturée – dudit restaurant. Après plusieurs autre vaines tentatives à des jours et heures différents, j’ai finalement du me résigner à écrire à Groupon pour leur demander ce qu’il fallait faire dans ce cas, et j’ai reçu la réponse suivante :

Du coup, je me dis :
1. Ils sont réactifs chez Groupon (message envoyé le soir du 8 février, réponse reçue le lendemain dans la matinée)
2. J’aurais évidemment préféré un remboursement (je n’ai rien acheté chez Groupon depuis l’année dernière et je supprime presque machinalement leurs messages quotidiens), mais la solution proposée par Groupon est tout à fait acceptable, et appréciable
3. Ils sont même plutôt gentils (mon bon était valable du 12 août 2011 au 11 février 2012, j’aurais quand même pu me manifester un peu plus tôt que le 8 février)

Puis, le 10 février je reçois cet email :

Et là, je me dis : dommage…

L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité

Mercredi 1er juin dernier, j’ai assisté à la conférence-débat « L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité. Quelle viabilité ? » organisée par Silicon Sentier à La Cantine.
Animé par Bruno Marzloff (Directeur du Groupe Chronos), ce débat a réuni Robin Chase (CEO de Buzzcar.com), Frédéric Mazzella (CEO de Covoiturage.fr) et Jean-Louis Jourdan (Directeur du développement durable de la SNCF) (cf. page de l’événement)

Je suis personnellement convaincue du bien fondé de l’autopartage et du covoiturage, et je pense sincèrement que des entreprises comme Buzzcar ou Covoiturage.fr sont promises à un très bel avenir. Pourquoi ? Parce que comme l’ont souligné les intervenants lors de la conférence, si les besoins en transports sont loin de diminuer, la perception de la voiture a quant à elle beaucoup évolué au fil du temps. En quelques décennies, elle est passée du rang de témoin de réussite socio-professionnelle et de liberté individuelle à celui de contrainte économique (coût d’acquisition et d’entretien) et productive (congestion sur les routes et en ville, impact environnemental, etc.). L’émergence de nouveaux services à la mobilité permise par l’arrivée d’acteurs extérieurs au monde traditionnel de l’automobile a permis de replacer la mobilité – et non plus l’automobile – au centre du débat sur les transports.

L’automobile et l’individu : naissance et fin d’une grande histoire d’amour

L’histoire d’amour entre l’individu et l’automobile commence en 1908, lorsque la Dame en Noir, la Ford T, sort des entrepôts de la Ford Motor Company et « met l’Amérique sur des roues ». Construite à plus de 16 millions d’exemplaires entre 1908 et 1927, elle inaugure les méthodes de production à la chaîne et devient la première voiture accessible à tous.

Depuis, les constructeurs automobiles n’ont cessé de promouvoir la voiture en tant qu’objet universel et indispensable, et sont parvenus à créer chez les conducteurs un rapport affectif à leur voiture. Elle est ainsi devenue au fil des années le compagnon de la famille (dans un premier temps), puis de l’individu à chaque étape de sa vie (la voiture familiale n’étant alors qu’une voiture parmi tant d’autres achetées par l’individu au cours de sa vie), si bien que l’acquisition d’une voiture est devenue une véritable finalité – et le reflet de la réussite sociale.

Cependant, cette perception de la voiture est aujourd’hui bouleversée et les moins de 30 ans la considèrent de plus en plus comme une contrainte – tout d’abord financière (coût d’acquisition, assurance, essence, parking, entretien, etc.) mais également productive (infrastructures routières congestionnées, centres urbains bouchés) et environnementale. Il en résulte une transformation de la façon dont les individus pensent la mobilité et une prise de conscience que si le besoin de déplacement n’a pas disparu (bien au contraire), ce n’est pas la possession d’un véhicule mais bien son utilisation qui permet d’assouvir ce besoin.

De la voiture personnelle aux services de mobilité – Buzzcar, Covoiturage.fr & co

Face à cette contestation croissante du modèle « une automobile par personne », on assiste à l’avènement d’un nouvel écosystème de la mobilité, qui se traduit par l’arrivée de nouveaux acteurs dans le monde de l’automobile. Ces entreprises proposent des alternatives novatrices en termes de mobilité visant soit à remplacer soit à améliorer l’utilisation de véhicules privés.

Parmi les services proposés, certaines entreprises louent des véhicules à usage temporaire pour des durées plus courtes que pour une location traditionnelle (de la camionnette pour les déménagements à la voiture de luxe pour les grandes occasions), tandis que d’autres mettent en relation les individus souhaitant partager leurs trajets, ou encore offrent aux individus la possibilité de louer leur voiture lorsqu’ils ne les utilisent pas.

Par exemple, Buzzcar est une start-up d’autopartage créée par Robin Chase (déjà fondatrice du réseau américain Zipcar).
Pour que ce type de services fonctionne bien, il est indispensable que l’utilisateur puisse accéder à la plateforme de réservation de n’importe où, et ça tombe bien car c’est dorénavant possible grâce à la belle application iPhone permettant de gérer ses réservations en toute sécurité (et l’application Androïd est actuellement en cours de développement et ne devrait pas tarder à arriver !).

Dans un article sur l’économie du partage publié sur le blog de Buzzcar, Robin Chase résume ainsi le principe de Buzzcar : « Grâce à Buzzcar, je ne partage ma voiture que quand je n’en ai pas besoin (et soyons honnête, c’est la plupart du temps). Et je sais que “le conducteur que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam” n’est pas un complet étranger. Je vois son permis de conduire et sa carte d’identité, ses photos et les notations et commentaires des autres membres. Je dépense moins en assurance et plus sur ce qui me fait plaisir ! »

Dans le même état d’esprit, Voiturelib permet aussi de mettre en relation les particuliers souhaitant optimiser l’utilisation de leur véhicule et ceux qui désirent en louer une, et leur offre également une assurance à la location afin de rassurer davantage les membres de sa communauté. En revanche, pas d’application mobile à ce jour pour ce site, ce qui est je trouve un peu dommage.
Edit 02/09/2013 : Voiturelib est devenu Drivy, et dispose dorénavant de son appli mobile

De son côté, Covoiturage.fr propose depuis 2004 de mettre en contact les particuliers qui souhaitent partager un trajet en voiture et les frais associés. Le site a franchi en avril le cap du million de membres et génère chaque mois des partages de trajets pour 250 000 personnes, pour un total 6M de voyages depuis sa création (source : article Frenchweb). Les membres s’évaluent après chaque trajet, et cela peut être l’occasion de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt que vous. Je n’ai jamais personnellement testé, mais j’aime le concept.

Entretien avec Frédéric Mazzella, fondateur de Comuto, éditeur de Covoiturage.fr

Frédéric Mazella, Covoiturage.fr par frenchweb

Mais que font les constructeurs automobiles ?

Ainsi que le souligne le rapport « En route vers une mobilité plus intelligente – horizon 2020 » publié par IBM en 2010 (pour ceux qui n’ont pas le courage de tout lire, une synthèse de 4 pages est disponible ici), les constructeurs automobiles possèdent de nombreux atouts – bonne connaissance du véhicule en tant que produit, réseau de concessionnaires à travers toute la France, sociétés captives de financement, etc. – qui, s’ils sont mis à profit à temps, pourraient leur permettre de se positionner de façon avantageuse sur le marché des services de mobilité. Dans cette étude, IBM identifie trois options principales permettant aux constructeurs de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs :

1. L’élargissement du portefeuille produit, avec notamment davantage de véhicules hybrides ou électriques – à ce titre, Renault ouvre la marche avec sa gamme de véhicules électriques Z.E. dont quatre modèles vont être commercialisés dans le courant de l’année
2. La construction de véhicules plus intelligents, avec des offres de télématiques élargies (on pense ici aux systèmes électroniques et logiciels embarqués – systèmes de navigation / trafic ou de conduite intelligente, services d’information, d’urgence et de sécurité, etc. – qui seront potentiellement personnalisés via des applications sur smartphones)
3. La combinaison de l’offre produit avec divers services à la mobilité

Sur ce troisième point, c’est plutôt Peugeot qui est en tête parmi les constructeurs français, avec son offre de mobilité Mu by Peugeot lancée en 2010. Celle-ci permet aux particuliers de consommer à la carte des services de mobilité allant du vélo électrique au véhicule utilitaire, en passant par le scooter pour les déplacements urbains ou le cabriolet pour les weekends romantiques.

Finalement, ce que j’ai trouvé très dommage lors de cette conférence-débat, c’est que justement le débat soit quasiment inexistant, et ce malgré l’apparition spectaculaire et inattendue de « Monsieur Avis » – je n’ai pas retenu son nom, ni d’ailleurs sa fonction précise chez Avis – à la dernière minute.
Ce qui ressort de cette conférence, c’est un mélange de « les-voitures-individuelles-polluent-trop-sont-trop-cheres-vivent-les-transports-en-commun » et de « la-SNCF-fait-ce-qu’elle-peut-mais-est-impuissante-sur-le-court-terme-donc-les-particuliers-doivent-se-débrouiller-tout-seuls-et-les-start-ups-les-aident-à-s’organiser. » Dans le fond, ce n’est certainement pas complètement faux, mais peut-être aurait-il été plus pertinent d’élargir le panel d’intervenants en invitant par exemple les constructeurs et les services de location de véhicules à se joindre au débat afin de l’équilibrer un peu plus. Certains points clés auraient ainsi pu être abordés, notamment la question d’éventuelles alliances entre constructeurs (qui se cantonneraient dès lors à fournir du matériel très sophistiqué) et entreprises de services de mobilité, ou bien d’un éventuel rachat de ces dernières par les constructeurs comme prélude à une transformation du secteur automobile à un secteur de la mobilité ?

NB : Pour ceux que la consommation collaborative en général intéresse, j’ai écrit il y a quelques temps un article à ce sujet, disponible ici.

La tablette, compagnon idéal de la télévision



Selon une étude Nielsen récente, 70% des possesseurs de tablettes affirment les utiliser lorsqu’ils regardent la télévision, à tel point que près d’un tiers du temps passé sur une tablette l’est fait parallèlement à la télévision.
Depuis des années les constructeurs d’électronique essayent en vain de nous vendre des télécommandes et claviers en tout genre pour faire de la télévision un écran interactif. C’est finalement Apple qui a gagné le pari avec son iPad, les tablettes apparaissent dorénavant comme l’outil de prédilection pour interagir avec la télévision, devenant ainsi un écran complémentaire pour la télévision.

Dis moi ce que tu manges…

Aujourd’hui, je viens de tester une nouvelle appli iPhone. Comme si me ridiculiser – au resto en photographiant ce que je mange pour pouvoir le synchroniser sur Foodspotting, et au bar en check-in sur les bières que je bois sur Untappd – ne me suffisait pas, je peux désormais m’y mettre à la maison également, en scannant… les codes barres des produits que je mange / j’achète grâce à Shopwise! (youpi)

L’intérêt du truc ?
Shopwise analyse les produits alimentaires et au moyen d’une grille de notation (qui inclus des critères comme la qualité des ingrédients, l’utilisations d’additifs, la présence d’OGM, etc.) leur donne une note.
On peut également se créer un profil – pour l’instant pas très complet et utile essentiellement pour les personnes allergiques à certaines substances ainsi que pour les femmes enceintes (c’est déjà pas mal).

Voilà un petit aperçu de ce que ça donne :

J’ai aussi mangé des abricots mais ils ne figuraient pas encore dans le répertoire connu de l’appli ; Shopwise propose alors de photographier le produit – ce que j’ai fait. Reste à savoir dans combien de temps mes abricots moelleux Maître Prunille seront ajoutés à la base…

Le grand retour de la télévision

L’avènement d’Internet, mort annoncée du poste de télévision ?

Il est loin le temps où la diffusion télévisuelle se limitait à un seul canal de distribution et où les téléspectateurs regardaient la télévision selon un emploi du temps défini à l’avance. Au fil des années, de nombreuses évolutions techniques sont intervenues, bouleversant ainsi le paysage audiovisuel français – introduction de la télécommande pour changer de chaîne à distance, enregistreur de cassettes, puis apparition du câble et du satellite permettant la multiplication des chaînes proposées, développement du numérique, diffusion du haut débit, démocratisation des offres triple play. Ces dernières ont profondément changé les usages de la télévision, en démocratisant notamment la vidéo à la demande, la télévision de rattrapage, le multiposte, ainsi que la télévision sur ordinateur, permettant ainsi aux téléspectateurs de se libérer des grilles de programmation traditionnelles. D’ailleurs, même les acteurs traditionnels de la télévision ont compris l’ampleur que ce phénomène allait prendre et se sont rapidement positionnés sur ce marché – Canal + avec CanalPlay, Arte avec Artevod, etc. Et les FAI tels que Free, Orange et SFR de lancer également leurs plateformes de VOD, rendant la frontière entre réseaux et contenus de plus en plus poreuse, et ravivant sans cesse le débat de la neutralité du Net (à ce sujet, j’ai l’impression que l’acquisition par Vivendi des 44% qu’il lui manquait chez SFR a fait beaucoup moins de bruit que la prise de participation d’Orange chez Dailymotion – les problématiques liées ne sont-elles pas fondamentalement les mêmes ?)

Nombreux sont ceux qui se sont alors empressés d’annoncer la mort future de la télévision, jugée complètement désuète par rapport aux innombrables possibilités offertes par Internet : avec Internet, je peux regarder ce que je veux, dans la langue que je veux, et quand je veux. Et les récents développements dans le monde du streaming sur Internet semblent donner raison à ces prédictions. Les séries TV, longtemps restées l’apanage des chaînes traditionnelles, sont de plus en plus regardées sur Internet, tout d’abord via la catch-up TV proposée par les chaînes elles-mêmes, mais également sur des sites spécialisés en streaming. Netflix (géant américain du streaming) a ainsi frappé deux grands coups récemment : tout d’abord en obtenant l’exclusivité sur la diffusion de House of Cards, future série de David Fincher et Kevin Spacey, puis en annonçant l’achat des droits exclusifs de rediffusion de la série Mad Men (plus d’infos ici).

Mais c’était probablement enterrer la télévision avant son heure. Tout d’abord, selon une étude Médiamétrie parue en février, les Français regardaient en 2010 la télévision 3h32 par jour (je pense plafonner à 1h… en une semaine…), soit 7 minutes de plus qu’en 2009. Mais surtout, annoncer la mort du poste de télévision reposait sur l’hypothèse fondamentale qu’Internet était synonyme d’ordinateur. Et ça, ce n’est plus tout à fait vrai, et il se pourrait bien que le vieux poste de télévision change la donne et parvienne à reconquérir le cœur des utilisateurs aux dépends de l’ordinateur de bureau.

Quand la télévision devient sociale

Personnellement, je ne regarde que très (très, très) rarement la télévision sur ma télé, d’une part parce que le contenu proposé via ma box ne me plaît pas vraiment, d’autre part parce que je n’aime pas être soumise à des contraintes horaires pour regarder telle ou telle série (encore moins pour la voir en français et avec je ne sais combien d’épisodes de retard). Mais quand je le fais, vous pouvez être certains que mon ordinateur est sur mes genoux et que mon téléphone n’est pas bien loin.


The Big Bang Theory, Saison 4, Episode 20

Cette capture d’écran (d’un épisode où le duo Sheldon-Amy m’a fait particulièrement rire) représente pour moi le signe que CBS a enfin compris que l’époque où la télévision cherchait à capter 100% (ou 90%, afin de ne pas oublier la concentration requise pour manger son popcorn ou son bol de glace) de l’attention du téléspectateur était révolue. Dorénavant, la télévision se prolonge sur les réseaux sociaux, chacun pouvant commenter en direct les programmes diffusés à la télévision. En invitant ses téléspectateurs à tweeter en direct avec les acteurs de série ou a se connecter à son site web, CBS cherche à fédérer son audience et à créer une véritable communauté active de téléspectateurs. Cela va ainsi bien au delà de la démarche du téléspectateur qui tweete pour ses followers, puisqu’il s’agit à présent d’échanger avec des personnes – que vous connaissez ou pas – qui regardent la même chose que vous au même moment. Ainsi à chaque diffusion d’un épisode de la série Glee aux Etats-Unis (au fait, quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi tout le monde en parle ? J’ai regardé 3 épisodes et ça m’a suffit…), on recense environ 25 000 tweets postés chaque minute.

Face aux interactions grandissantes entre la télévision et Internet, le MIP TV (premier marché international des contenus audiovisuels qui s’est tenu à Cannes du 4 au 7 avril) s’est doté cette année d’un « Connected Creativity Forum », destiné à des démonstrations d’applications (destinées à la télévision, le smartphone ou les tablettes) visant à rapprocher encore un peu plus ces deux mondes. La liste des vainqueurs du concours de start-ups CC Ventures organisé lors de cet événement est diponible ici (en anglais).

De la télévision quand je veux à la télévision que je veux

Derrière l’idée de télévision connectée, c’est avant tout l’idée d’une télévision personnalisée qui se profile. Qui dit télévision connectée dit accès aux réseaux sociaux que je fréquente, et donc accès aux informations que je partage. Au fond, peu m’importe que ce soit Google, Apple, Facebook, un FAI ou un acteur complètement nouveau qui me fournisse le contenu que je regarde, tout ce que je souhaite, c’est que ce contenu corresponde à mes attentes et à mes goûts.

Alors la télévision de mes rêves, c’est :
- Une chaîne d’infos proposant du contenu enrichi sur chaque sujet que je souhaiterais approfondir
- Une chaîne de cinéma qui me recommande des films en fonction de mes goûts (par exemple à partir des notes et critiques que j’attribue aux films que j’ai vus sur Sens Critique)
- Une chaîne de séries mettant en avant des séries que je pourrais aimer en fonction de celles que je regarde le plus souvent
- Une chaîne de musique connectée à ma bibliothèque iTunes diffusant les clips de la musique que j’aime en intégrant également les recommandations Genius (avec des pop-ups indiquant les dates des prochains concerts de tel ou tel groupe, voire un lien vers Digitick pour acheter directement les places)

Bon, il va falloir que je m’arrête parce que je me fais du mal, on n’y est pas encore…

A plus court terme, regardez déjà cette jolie vidéo réalisée par Wahid R. & co sur une évolution possible de la Livebox Orange (c’est vrai, ça sera comme ça en 2012 ? ☺ )

 

Et pour ceux que le sujet intéresse, j’ai commencé un petit Pearltrees sur les terminaux connectés ici :
tv & connected devices

L’obsession Facebook

J’aime beaucoup cette vidéo signée Alex Trimpe, qui recense bon nombre de chiffres-clés sur Facebook et ses usages, un peu à la manière d’une infographie (le design est très similaire), mais en vidéo. Du coup, il faut savoir lire et enregistrer les infos rapidement, ou tout simplement mettre pause quand on veut s’arrêter sur un chiffre.