Top films 2012

Une fois encore mon petit top des films de l’année histoire de se souvenir dans quelques temps de quoi 2012 a été faite. N’en sélectionner que 10 n’a pas été évident, mais ceux que j’ai dû enlever de la liste sont néanmoins cités un peu plus bas parmi les films qui m’ont plu cette année.
Si vous avez envie de les voir / revoir, 2 possibilités : en VOD (j’ai mis les liens sur les films disponibles à ce jour) / DVD, ou bien pour un certain nombre d’entre eux du 9 au 15 janvier lors des Incontournables UGC.

Holy Motors

De l’aube à la nuit, on passe une journée avec Monsieur Oscar, traversant Paris à bord de sa limousine blanche. Mais qui est donc Monsieur Oscar ? A chaque étape de son périple, il se transforme en quelqu’un d’autre, et devient tour à tour un financier à la tête d’une grande entreprise, un meurtrier, une mendiante, un père de famille, etc., chargé d’une mission précise. Une fois celle-ci accomplie, sa mystérieuse assistante lui indique la suite de son agenda, et initie le prochain changement d’identité d’Oscar. Holy Motors est réellement l’OVNI de l’année – s’il ne fallait en voir qu’un, ce serait celui-ci. Leos Carax offre avec Holy Motors un magnifique hommage au 7ème Art, tandis que Denis Lavant est impérial dans chacun de ses rôles, chacune de ses vies.

Take Shelter
Curtis LaForche, ouvrier habitant avec sa femme et sa fille dans une petite ville rurale de l’Ohio, devient sujet à de violents cauchemars. Ceux-ci, qui se transforment bientôt en des hallucinations, le convainquent qu’une tornade va s’abattre sur la ville, emportant tout sur son passage. Son obsession devient si forte qu’il décide de construire un abri sous-terrain afin de survivre en cas de catastrophe. Michael Shannon interprète magistralement son rôle de père de famille tiraillé entre son devoir de protéger sa famille et la peur de devenir fou – sa mère ayant été frappée de schizophrénie paranoïde au même âge que lui. Mise en scène majestueuse, tension palpable dès les premières minutes du film (la musique contribuant pour beaucoup à créer une atmosphère angoissante), jeu d’acteurs impressionnant.

La Taupe
J’avais découvert le réalisateur Tomas Alfredson avec le magnifique Morse, et quel plaisir de le retrouver aux commandes de ce film d’espionnage, adapté du roman de John Le Carré (que j’ai acheté après avoir vu le film – et que je n’ai toujours pas lu d’ailleurs). Contrairement aux films d’espionnage classique où l’on est plongé directement au cœur de l’action, on se retrouve ici davantage dans une position d’observateur à qui il manque la plupart des éléments permettant de participer pleinement à l’intrigue. On peine à déchiffrer les manœuvres sournoises des différents personnages, à comprendre les rapports entre les différents personnages, à chercher qui pourrait bien être la Taupe. Mais c’est là toute la beauté de ce film, doté par ailleurs d’une photographie sublime (on retrouve le même directeur de la photographie que dans Morse, qui avait aussi signé celle du très bon Fighter), et porté par une distribution prodigieuse (Gary Oldman / Colin Firth / Tom Hardy / Mark Strong).

Oslo 31 août

En fin de cure de désintoxication, Anders se rend à Oslo passer entretien d’embauche. Il profite de ce passage en ville pour renouer avec sa famille et ses amis qu’il avait perdus de vue. Joachim Trier nous livre une poignante introspection dans la vie de ce jeune homme complètement désorienté, mu par le désir d’un nouveau départ, d’une nouvelle vie, mais ne parvenant à réellement s’affranchir d’un sentiment de gâchis et de l’impression que les jeux sont faits et qu’il est peut-être déjà trop tard. Un très beau film questionnant la possibilité de recommencer à zéro et ouvrant une réflexion lucide sur le sens de la vie.

Les enfants loups : Ame et Yuki

J’ai toujours eu un faible pour les films d’animation japonais. Après avoir été un peu déçue par La colline aux coquelicots en début d’année, j’ai beaucoup aimé Les enfants loups de Mamoru Hosoda. On assiste au début du film à des scènes de vie d’une famille heureuse, dont les membres sont partagent un secret : le père est un homme-loup. A la mort de celui-ci, la mère décide de tout quitter et de s’installer à la campagne, à proximité d’une forêt luxuriante, afin d’élever ses enfants à l’abri des regards. Alors que la jeune fille Yuki tente de cacher à tout prix ses origines et d’avoir une vie d’adolescente « normale », le jeune Ame est de plus en plus attiré par la forêt et la vie animale. Une ode à la nature, mais également une profonde réflexion sur la gestion de l’absence (abordé à la fois à travers le point de vue de la femme et celui des enfants du défunt) ainsi que sur les notions d’héritage, de choix identitaire, et d’intégration.

Moonrise Kingdom
Un des films que j’attendais le plus cette année, et je n’ai pas été déçue. Casting de choc (Edward Norton excellent en chef scout complètement dépassé par les événements, Bruce Willis, Tilda Swinton, Bill Murray), et pourtant, c’est surtout la performance des enfants que l’on retient du dernier film de Wes Anderson. Attendrissant et drôle, Moonrise Kindgom nous transporte dans le doux monde de l’enfance, de ses aventures trépidantes et de ses premières amours.

Skyfall
De loin mon James Bond préféré depuis longtemps

Starbuck

Alors que sa femme lui annonce qu’elle est enceinte et qu’il va être père, David Wosniak apprend que suite aux nombreux dons de sperme qu’il effectuait sous le pseudonyme Starbuck quand il était plus jeune, il est déjà père de 533 enfants, dont près du tiers souhaite connaître son identité. Il décide alors de les rencontrer un à un, à leur insu, et de faire un petit quelque chose pour chacun d’entre eux. Un film drôle et touchant, dont on ressort de très, très bonne humeur (au fait, j’ai fait ici une liste de films qui mettent de bonne humeur)

Amour
La vie tranquille d’un couple de professeurs de piano à la retraite qui s’aiment comme au premier jour est bouleversée le jour où la femme subit une attaque cérébrale à la suite de laquelle elle est paralysée d’un côté. On suit ensuite le quotidien du couple marqué par la dégradation progressive de l’état de santé de la femme, tandis que son mari doit à présent l’aider à chaque instant (pour s’asseoir, se déplacer, manger, faire sa toilette). Difficile de décrire ce film tant les émotions qu’il suscite sont fortes. Et que dire des acteurs (Jean-Louis Trintignant / Emmanuelle Riva) dont la prestation est absolument exceptionnelle, et grâce à qui ce quasi huis clos dans l’appartement parisien du couple a pu devenir ce si grand film dont on ne ressort pas indemne.

Les bêtes du Sud sauvage

A travers le regard de Hushpuppy, petite fille de 6 ans vivant avec son père dans une rustique cabane dans le bayou de Louisiane, on partage la vie d’une communauté unie face aux cycles climatiques tentant de survivre à un orage. Rien qu’à voir la bande-annonce, on comprend que ce film vaut le détour et qu’il est porté par une toute jeune actrice que l’on reverra sans doute bientôt. Onirique et réaliste à la fois, cette fable a été mon dernier coup de cœur de l’année.

Mais bien d’autres films m’ont particulièrement plu cette année, parmi lesquels : De rouille et d’os, le choc Bullhead sur le trafic d’hormones animales (avec un Matthias Schoenarts encore plus impressionnant que dans De rouille et d’os), Laurence Anyways (le tandem Melvil Poupaud / Suzanne Clément fonctionne à merveille, Nathalie Baye est convaincante en mère détachée, et comme toujours avec Xavier Dolan, quelle BO !), Detachment (très belle performance d’Adrien Brody en professeur remplaçant dans un lycée difficile dans le Bronx), I Wish, Another happy day, Argo, La part des anges, J. Edgar, Martha Marcy May Marlene, Margin Call, Bellflower (malgré un final un peu brouillon), Louise Wimmer, Magic Mike, Cosmopolis, The Dark Knight Rises (même si je l’ai trouvé nettement moins bon que le précédent), Avengers, ainsi que le très beau Ernest et Célestine (que de souvenirs d’enfance réveillés par ce magnifique film d’animation), sans oublier Les Invisibles et Journal de France dans la catégorie des films documentaires réussis.

Espérons que 2013 sera aussi riche en réussites cinématographiques ! Et tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.