Partager socialement ses objectifs ou les garder pour soi ?

Aujourd’hui, j’ai failli aller courir. Puis je me suis dit que non, que j’étais fatiguée et que je devais me lever tôt demain, et j’ai reporté à plus tard – comme je le fais depuis un certain temps, et de plus en plus souvent (il y a toujours une bonne excuse pour le faire – la fatigue, le froid, la pluie, un dîner, etc.). Plus tard, je me suis rappelée qu’en janvier, j’annonçais fièrement sur Facebook que je me donnais pour objectif de courir en 2012 plus de km qu’en 2010 et 2011 cumulés. Nous voici à la moitié de l’année et d’après mon Tableau de Bord Nike+ (oh tiens, une nouvelle version du site !), j’ai couru cette année 257.21 km, contre 320.55 km en 2011 et 441.60 km en 2010, et je suis donc bien loin de mon objectif de 763 km (mais tout n’est pas perdu, d’ailleurs c’est décidé je m’y remets cette semaine).

On a tous dans notre entourage des amis qui ont partagé avec nous leur envie d’arrêter de fumer, de perdre quelques kilos, de courir un marathon, etc. Nos amis prennent alors une place toute particulière dans la réalisation d’objectifs personnels. Partager socialement ses objectifs est censé être un facteur de motivation – l’autre devient témoin tout d’abord d’un engagement, puis d’une progression, et il devient ensuite plus difficile de nier ou de se trouver des excuses pour ne pas remplir ses objectifs. Sur le site Nike+, la logique initiale de la motivation purement personnelle (les différents niveaux que l’on atteint en fonction du nombre de km parcourus) a été complétée (voire complètement remplacée, je n’arrive plus à trouver mon niveau sur le nouveau site, alors que j’étais très fière d’avoir atteint le niveau bleu) par une logique de la motivation par les autres : il est en effet possible de se fixer des objectifs, de défier des amis, mais surtout, depuis la nouvelle mouture du site, de se comparer aux autres membres de la communauté. Et à ma connexion aujourd’hui, j’ai eu le droit à ceci (merci Nike, je n’avais rien demandé moi – la honte :D ) :

« Repeated psychology tests have proven that telling someone your goal makes it less likely to happen. »

Je garde encore espoir quant à la réalisation de mon objectif sportif de l’année (si, si, c’est vrai – et l’image du dessus est quand même assez motivante), mais je me pose quand même la question de l’impact réel du partage d’objectifs, d’autant plus que la thèse inverse de la motivation par les autres existe aussi.

Dans ce talk TED, Derek Sivers affirme ainsi que garder ses objectifs pour soi serait préférable, car le simple fait de partager un objectif avec quelqu’un qui en reconnaîtrait la valeur transformerait ledit objectif en réalité sociale, générant elle même une satisfaction similaire à la satisfaction d’un travail achevé. Et c’est précisément cette satisfaction qui réduirait la motivation pour fournir les efforts nécessaires à la réalisation de l’objectif initial.

Je vais donc jouer le cobaye, je me suis fixé un autre objectif à tenir jusqu’à la fin de l’année (et pour lequel j’ai déjà pris du retard, damn it) et que je garderai pour moi. Et on verra bien ce que ça donne en décembre !