La bonne surprise de Groupon… puis la moins bonne

Il y a un certain temps, j’ai acheté un bon chez Groupon pour un restaurant indien. Malheureusement, quand est venu le moment de réserver mon dîner, je suis tombée sur la messagerie – saturée – dudit restaurant. Après plusieurs autre vaines tentatives à des jours et heures différents, j’ai finalement du me résigner à écrire à Groupon pour leur demander ce qu’il fallait faire dans ce cas, et j’ai reçu la réponse suivante :

Du coup, je me dis :
1. Ils sont réactifs chez Groupon (message envoyé le soir du 8 février, réponse reçue le lendemain dans la matinée)
2. J’aurais évidemment préféré un remboursement (je n’ai rien acheté chez Groupon depuis l’année dernière et je supprime presque machinalement leurs messages quotidiens), mais la solution proposée par Groupon est tout à fait acceptable, et appréciable
3. Ils sont même plutôt gentils (mon bon était valable du 12 août 2011 au 11 février 2012, j’aurais quand même pu me manifester un peu plus tôt que le 8 février)

Puis, le 10 février je reçois cet email :

Et là, je me dis : dommage…

L’ère du « tout maintenant » nous rend-elle plus heureux ?

Alors que j’étais tranquillement sur mon ordinateur avec la télé allumée en fond, j’entends « la nouvelle Fiat 500 à 149 euros par mois sans apport ». Dit comme ça, ça n’a effectivement pas l’air très cher. Pour combien de temps, pour quel prix total, ça on ne le sait pas vraiment – pour cela il aurait fallu lire le message qui défilait en bas de l’écran, et j’ai levé la tête trop tard pour pouvoir le faire. Le message que je retiens, c’est donc que je peux potentiellement avoir une voiture pour 149 euros par mois.

A en croire toutes nombre de publicités, l’achat à crédit est devenue monnaie courante. « Achetez maintenant, payez dans trois mois », « votre télévision à 19€… par mois, pendant 5 ans », etc. Et c’est vrai que c’est tentant : pour acheter mon premier iPod, j’ai dû mettre de côté l’argent que je gagnais grâce à mes heures de baby-sitting & co pendant de longs mois, afin de réunir péniblement la somme de 319€ (et oui, c’est le prix que le petit nano coûtait à l’époque, et pour seulement 4 Go…). Si j’avais pu l’acheter à crédit, quelques petites heures de baby-sitting m’auraient déjà permis de profiter de l’objet tant convoité, avant de le payer… plus tard.

De mon côté, je n’ai encore jamais acheté de « bien de consommation » à crédit. J’ai tendance à préférer économiser toute seule dans mon coin avant d’acheter quoi que ce soit. Pourquoi ? Tout d’abord, parce que j’avoue que ça me fait assez peur. Je n’aime pas être engagée (un grand merci à Xavier Niel grâce à qui on n’est dorénavant plus obligé de s’engager pour son forfait mobile – en revanche pour l’achat du terminal qui va avec, on a le droit à… un paiement en 24 à 36 mois… hum, hum), et le fait de devoir payer pendant des années pour un bien qui sera déjà obsolète à l’heure où j’aurai fini de le rembourser ne m’enchante pas vraiment. Mais aussi, parce que je change d’avis suffisamment souvent pour ne pas souhaiter renoncer à ma capacité de le faire. Economiser, c’est se donner le temps de réfléchir, de se poser des questions, et parfois de renoncer à un achat compulsif ou à une lubie. Acheter à crédit, c’est élargir considérablement le champ de ses achats possibles, parfois à raison, parfois à tort.

Je suis sûre que l’achat à crédit a sans doute permis à un tas de personnes de subvenir à des besoins essentiels, ou quasi-essentiels – peut-être qu’un couple aura ainsi pu acheter une poussette (sérieusement, ça coûte un bras ces trucs) pour son bébé, qu’un étudiant aura pu s’offrir un ordinateur pour ses études, et je ne sais quoi encore. Cependant, je reste encore largement dubitative sur les bienfaits d’une communication de plus en plus orientée vers ce mode de paiement – la possibilité de pouvoir acheter (presque) tout immédiatement est-elle réellement bénéfique ? Sait-on encore attendre ?

149€ / mois le pot de yaourt, c'est pas donné !

Photo : © Fiat Marseille