Yelp Open Party, opération réussie!

Pour fêter son premier anniversaire, Yelp Paris a organisé ce soir sa première Open Party au Door Studios (soit dit en passant le lieu vaut le détour).
Le concept ? Une soirée consacrée à la dégustation de préparations culinaires – tartes, cocktails, pâtisseries, etc. – d’une sélection de partenaires de Yelp.

Mes coups de coeur :

1. Les tartes Kluger (la tarte à la mousse au chocolat est à tomber par terre) :

2. Les pâtisseries orientales de Diamande : un régal – pâtisseries orientales expérimentales (framboise-pistache, violette, orange-noix de cajou, et bien d’autres) ou plus traditionnelles :

3. Les associations expérimentales de Julhès : dégustation de divers whiskys accompagnés de mini-toasts de foie gras, pain d’épice-roquefort, jambon cru, etc. :

J’ai l’impression de ne faire que manger en ce moment, il va falloir que je songe à me calmer…

 

L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité

Mercredi 1er juin dernier, j’ai assisté à la conférence-débat « L’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité. Quelle viabilité ? » organisée par Silicon Sentier à La Cantine.
Animé par Bruno Marzloff (Directeur du Groupe Chronos), ce débat a réuni Robin Chase (CEO de Buzzcar.com), Frédéric Mazzella (CEO de Covoiturage.fr) et Jean-Louis Jourdan (Directeur du développement durable de la SNCF) (cf. page de l’événement)

Je suis personnellement convaincue du bien fondé de l’autopartage et du covoiturage, et je pense sincèrement que des entreprises comme Buzzcar ou Covoiturage.fr sont promises à un très bel avenir. Pourquoi ? Parce que comme l’ont souligné les intervenants lors de la conférence, si les besoins en transports sont loin de diminuer, la perception de la voiture a quant à elle beaucoup évolué au fil du temps. En quelques décennies, elle est passée du rang de témoin de réussite socio-professionnelle et de liberté individuelle à celui de contrainte économique (coût d’acquisition et d’entretien) et productive (congestion sur les routes et en ville, impact environnemental, etc.). L’émergence de nouveaux services à la mobilité permise par l’arrivée d’acteurs extérieurs au monde traditionnel de l’automobile a permis de replacer la mobilité – et non plus l’automobile – au centre du débat sur les transports.

L’automobile et l’individu : naissance et fin d’une grande histoire d’amour

L’histoire d’amour entre l’individu et l’automobile commence en 1908, lorsque la Dame en Noir, la Ford T, sort des entrepôts de la Ford Motor Company et « met l’Amérique sur des roues ». Construite à plus de 16 millions d’exemplaires entre 1908 et 1927, elle inaugure les méthodes de production à la chaîne et devient la première voiture accessible à tous.

Depuis, les constructeurs automobiles n’ont cessé de promouvoir la voiture en tant qu’objet universel et indispensable, et sont parvenus à créer chez les conducteurs un rapport affectif à leur voiture. Elle est ainsi devenue au fil des années le compagnon de la famille (dans un premier temps), puis de l’individu à chaque étape de sa vie (la voiture familiale n’étant alors qu’une voiture parmi tant d’autres achetées par l’individu au cours de sa vie), si bien que l’acquisition d’une voiture est devenue une véritable finalité – et le reflet de la réussite sociale.

Cependant, cette perception de la voiture est aujourd’hui bouleversée et les moins de 30 ans la considèrent de plus en plus comme une contrainte – tout d’abord financière (coût d’acquisition, assurance, essence, parking, entretien, etc.) mais également productive (infrastructures routières congestionnées, centres urbains bouchés) et environnementale. Il en résulte une transformation de la façon dont les individus pensent la mobilité et une prise de conscience que si le besoin de déplacement n’a pas disparu (bien au contraire), ce n’est pas la possession d’un véhicule mais bien son utilisation qui permet d’assouvir ce besoin.

De la voiture personnelle aux services de mobilité – Buzzcar, Covoiturage.fr & co

Face à cette contestation croissante du modèle « une automobile par personne », on assiste à l’avènement d’un nouvel écosystème de la mobilité, qui se traduit par l’arrivée de nouveaux acteurs dans le monde de l’automobile. Ces entreprises proposent des alternatives novatrices en termes de mobilité visant soit à remplacer soit à améliorer l’utilisation de véhicules privés.

Parmi les services proposés, certaines entreprises louent des véhicules à usage temporaire pour des durées plus courtes que pour une location traditionnelle (de la camionnette pour les déménagements à la voiture de luxe pour les grandes occasions), tandis que d’autres mettent en relation les individus souhaitant partager leurs trajets, ou encore offrent aux individus la possibilité de louer leur voiture lorsqu’ils ne les utilisent pas.

Par exemple, Buzzcar est une start-up d’autopartage créée par Robin Chase (déjà fondatrice du réseau américain Zipcar).
Pour que ce type de services fonctionne bien, il est indispensable que l’utilisateur puisse accéder à la plateforme de réservation de n’importe où, et ça tombe bien car c’est dorénavant possible grâce à la belle application iPhone permettant de gérer ses réservations en toute sécurité (et l’application Androïd est actuellement en cours de développement et ne devrait pas tarder à arriver !).

Dans un article sur l’économie du partage publié sur le blog de Buzzcar, Robin Chase résume ainsi le principe de Buzzcar : « Grâce à Buzzcar, je ne partage ma voiture que quand je n’en ai pas besoin (et soyons honnête, c’est la plupart du temps). Et je sais que “le conducteur que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam” n’est pas un complet étranger. Je vois son permis de conduire et sa carte d’identité, ses photos et les notations et commentaires des autres membres. Je dépense moins en assurance et plus sur ce qui me fait plaisir ! »

Dans le même état d’esprit, Voiturelib permet aussi de mettre en relation les particuliers souhaitant optimiser l’utilisation de leur véhicule et ceux qui désirent en louer une, et leur offre également une assurance à la location afin de rassurer davantage les membres de sa communauté. En revanche, pas d’application mobile à ce jour pour ce site, ce qui est je trouve un peu dommage.
Edit 02/09/2013 : Voiturelib est devenu Drivy, et dispose dorénavant de son appli mobile

De son côté, Covoiturage.fr propose depuis 2004 de mettre en contact les particuliers qui souhaitent partager un trajet en voiture et les frais associés. Le site a franchi en avril le cap du million de membres et génère chaque mois des partages de trajets pour 250 000 personnes, pour un total 6M de voyages depuis sa création (source : article Frenchweb). Les membres s’évaluent après chaque trajet, et cela peut être l’occasion de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt que vous. Je n’ai jamais personnellement testé, mais j’aime le concept.

Entretien avec Frédéric Mazzella, fondateur de Comuto, éditeur de Covoiturage.fr

Frédéric Mazella, Covoiturage.fr par frenchweb

Mais que font les constructeurs automobiles ?

Ainsi que le souligne le rapport « En route vers une mobilité plus intelligente – horizon 2020 » publié par IBM en 2010 (pour ceux qui n’ont pas le courage de tout lire, une synthèse de 4 pages est disponible ici), les constructeurs automobiles possèdent de nombreux atouts – bonne connaissance du véhicule en tant que produit, réseau de concessionnaires à travers toute la France, sociétés captives de financement, etc. – qui, s’ils sont mis à profit à temps, pourraient leur permettre de se positionner de façon avantageuse sur le marché des services de mobilité. Dans cette étude, IBM identifie trois options principales permettant aux constructeurs de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs :

1. L’élargissement du portefeuille produit, avec notamment davantage de véhicules hybrides ou électriques – à ce titre, Renault ouvre la marche avec sa gamme de véhicules électriques Z.E. dont quatre modèles vont être commercialisés dans le courant de l’année
2. La construction de véhicules plus intelligents, avec des offres de télématiques élargies (on pense ici aux systèmes électroniques et logiciels embarqués – systèmes de navigation / trafic ou de conduite intelligente, services d’information, d’urgence et de sécurité, etc. – qui seront potentiellement personnalisés via des applications sur smartphones)
3. La combinaison de l’offre produit avec divers services à la mobilité

Sur ce troisième point, c’est plutôt Peugeot qui est en tête parmi les constructeurs français, avec son offre de mobilité Mu by Peugeot lancée en 2010. Celle-ci permet aux particuliers de consommer à la carte des services de mobilité allant du vélo électrique au véhicule utilitaire, en passant par le scooter pour les déplacements urbains ou le cabriolet pour les weekends romantiques.

Finalement, ce que j’ai trouvé très dommage lors de cette conférence-débat, c’est que justement le débat soit quasiment inexistant, et ce malgré l’apparition spectaculaire et inattendue de « Monsieur Avis » – je n’ai pas retenu son nom, ni d’ailleurs sa fonction précise chez Avis – à la dernière minute.
Ce qui ressort de cette conférence, c’est un mélange de « les-voitures-individuelles-polluent-trop-sont-trop-cheres-vivent-les-transports-en-commun » et de « la-SNCF-fait-ce-qu’elle-peut-mais-est-impuissante-sur-le-court-terme-donc-les-particuliers-doivent-se-débrouiller-tout-seuls-et-les-start-ups-les-aident-à-s’organiser. » Dans le fond, ce n’est certainement pas complètement faux, mais peut-être aurait-il été plus pertinent d’élargir le panel d’intervenants en invitant par exemple les constructeurs et les services de location de véhicules à se joindre au débat afin de l’équilibrer un peu plus. Certains points clés auraient ainsi pu être abordés, notamment la question d’éventuelles alliances entre constructeurs (qui se cantonneraient dès lors à fournir du matériel très sophistiqué) et entreprises de services de mobilité, ou bien d’un éventuel rachat de ces dernières par les constructeurs comme prélude à une transformation du secteur automobile à un secteur de la mobilité ?

NB : Pour ceux que la consommation collaborative en général intéresse, j’ai écrit il y a quelques temps un article à ce sujet, disponible ici.