Kickstarter, ou l’économie de l’empathie

Moi aussi j’ai donné de l’argent à un millionnaire, et alors ?

Il y a quelques temps, je suis tombée sur cet article, accusant Zach Braff d’avoir rejoint le club des « Kickstarter abuser », que son auteur définit ainsi : « a Kickstarter abuser is a well-known person who has the financial means and/or profesionnal connections to fully fund their project without asking their fans for money but asks anyway ». Bon nombre de célébrités seraient concernées, parmi lesquelles Zach Braff.

Certes, Zach Braff est certainement millionnaire, et je me doute bien qu’il avait probablement d’autres moyens de financer son film.
Mais voilà, j’ai vu Garden State je ne sais combien de fois quand j’étais ado, et Zach Braff me faisait aussi beaucoup rire dans Scrubs. La vidéo de son pitch sur Kickstarter est marrante, m’a donné envie de donner un peu de sous, en échange de quoi j’aurai droit à un screening du film en avance et quelques goodies. En soi, le mécanisme me semble assez proche d’une précommande, à part que la contribution permet de financer le film au lieu d’être encaissée une fois le film sorti en salles. Pour moi c’est simplement une marque de soutien envers un artiste, je ne comprends pas vraiment qu’on puisse lui en vouloir d’avoir demandé des fonds par cette voie. Et puis si donner de l’argent rend les gens heureux, laissons-les donner, non ?

Un don en entraîne un autre (je vous assure, j’ai testé)

I Wish I Was Here est le premier projet que j’ai financé sur Kickstarter, j’en suis à 5 aujourd’hui (Et en pas très longtemps – oui oui voilà que je me prends pour une mécène maintenant…). Parce que je reçois fréquemment des updates des projets que j’ai backés, je vais de plus en plus souvent sur Kickstarter, et en flânant sur le site je trouve souvent des projets qui me plaisent. Je ne pense vraiment pas que les projets des pseudos « abusers » fassent de l’ombre aux autres projets sur la plateforme, bien au contraire. Ces gros pledges ont contribué de façon non négligeable à accroître la notoriété du site, et je ne pense pas être la seule à être entrée dans le « jeu » du financement de projets après avoir backé le film de Zach Braff. Si des projets d’une telle ampleur parviennent à faire venir plus de monde sur le site, alors il faudrait plutôt les remercier que de les accuser quoi que ce soit.

Mais au fond, pourquoi donne-t-on sur Kickstarter ?

Plutôt que de demander aux gens pourquoi ils donnent leur argent à des riches, il me semblerait plus intéressant de leur demander pourquoi ils donnent (tout court).

Je me suis rendue compte qu’à l’exception du film de Zach Braff, je n’ai financé sur Kickstarter que des documentaires. D’une part, parce que je suis particulièrement sensible au film en tant que mode d’expression (j’avais été particulièrement touchée par Garden State pour la justesse des relations et sentiments retranscrits dans le film). Mais surtout, parce que tous défendent des causes qui m’interpellent ou qui me sont chères, et que je suis heureuse de pouvoir contribuer, même de façon minime, à la réalisation de ces films qui permettront un jour de porter à la connaissance du public des messages auxquels je crois.

Alors que je cherchais à comprendre les raisons pour lesquelles on donne (pas forcément sur Kickstarter), un ami m’a envoyé cette vidéo, qui place le concept d’empathie au centre des relations humaines :

Alors que le XXe siècle était celui de l’introspection, le XXIe siècle est celui de l’ »outrospection », de la curiosité, de l’ouverture aux autres. L’empathie cognitive permet d’entrer dans le monde de quelqu’un d’autre, de comprendre son point de vue, ses croyances, et ainsi de mettre fin aux présupposés sur les gens et d’aller au delà des étiquettes qu’on leur attribue.

Ce qui pousse à faire quelque chose pour l’autre (sans en attendre quoi que ce soit en retour), c’est peut-être justement cette empathie, le don devenant alors une marque d’approbation d’une manière de penser ou d’agir. Que ce soit pour Alex qui fait du recyclage d’objets son mode de vie, ou pour Stacey qui souhaite réaliser un documentaire sur des enfants élevés dans des familles « non-traditionnelles » afin de sensibiliser les gens et de promouvoir la tolérance des différences, je ressens une véritable empathie qui m’a poussé à soutenir leurs projets respectifs.

Si cette empathie pousse à donner, c’est aussi celle qui me fait croire à la force d’un film documentaire : exposer à la vue de tous le quotidien de personnes différentes, leurs expériences, leur façon de penser, leurs opinions, leurs sentiments, afin de faciliter la compréhension, puis l’acceptation de points de vue différents.

Aujourd’hui, je donne pour que des gens dont je partage les convictions puissent s’exprimer et les diffuser. Je regrette de ne pas avoir financé la Pebble – qui selon moi est le précurseur de la montre du futur (et que si je la commande maintenant je ne l’aurai pas avant au moins un an..), et je reste en permanence à l’affut de projets innovants ayant vocation à améliorer nos modes de vie actuels. Demain, j’espère que je pourrai financer la commercialisation de l’imprimante 3D qui permettra au mouvement des makers de véritablement prendre son envol.

Et vous, donnez-vous sur Kickstarter ? Pour quels types de projets ?

NB : Tout ceci étant dit, I Wish I Was Here a vraiment intérêt à être bien, sinon je risque de beaucoup en vouloir à ce cher Zach !

Life is Short. Live your Dream and Share Your Passion

La maison de mes parents, c’est un peu ma caverne d’Ali Baba. J’y retrouve souvent des trésors dont j’avais complètement oublié l’existence. La dernière pépite en date étant une liste écrite quand j’avais 15 ans et que j’ai retrouvée au fond d’un tiroir (ou plus précisément, cachée dans une poche de portefeuille…) et intitulée « Liste des choses que j’aimerais faire ». Je ne me souviens plus exactement du contexte dans lequel j’ai écrit cette liste, je me rappelle simplement que c’est une amie de l’époque ou j’habitais en Malaisie qui m’avait dit de faire ça – on avait du se dire qu’on se les lirait « quand on serait vieilles » pour voir ce que ça a donné. Je ne pense pas que j’aurai l’occasion de lire cette liste avec elle alors là-voici (oui, oui… note de moi-même : Vous avez tout à fait le droit de vous moquer, j’avoue avoir bien ri moi-même en lisant le(s) dernier(s) élément(s) de la liste…) :

1. Faire le tour du monde
2. Vivre à l’étranger
3. Monter un projet humanitaire
4. Etre plus proche de ma soeur
5. Faire le GR20
6. Aller à Las Vegas

J’ai bien évidemment gardé le meilleur pour la fin (cela dit, c’était vraiment le numéro 7 sur ma liste, qui d’ailleurs n’était pas terminée, il n’y a rien d’écrit à côté des numéros 8, 9 et 10) :
7. Avoir une Porsche
Seriously??? J’ai bien envie de me dire « Non mais Allô quoi » à moi-même tellement je trouve ça ridicule. Comme quoi on change quand même en 10 ans (heureusement).

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, après avoir reçu (et accroché !) mon Holstee Manifesto, je viens de m’écrire un mail à « moi dans 2 ans ». Parce que 10 ans c’est probablement trop long pour s’arrêter, se poser des questions (et j’ai quand même honte de me dire que le seul item que je peux cocher sur cette liste est d’être allée à Las Vegas avec des amis sur un coup de tête), et faire ce qu’il faut pour être heureux.

Je regarde cette vidéo presque tous les jours depuis quelques temps, et je ne m’en lasse pas. Je pense qu’elle reflète vraiment l’état d’esprit de notre génération, et renforce ma conviction qu’on pourra faire de très belles choses (je pense notamment à tout ce qui touche à la consommation collaborative, ainsi qu’à des projets qui me plaisent particulièrement tels que Hello Europe, mais je sais qu’il y en a et qu’il y en aura beaucoup d’autres dans le même genre) et que l’engagement en faveur de grandes causes est loin d’être l’apanage des années 1960-80 :

All work and all play (legendado) from Box1824 on Vimeo.

NB : A propos de la Porsche (non, je ne m’en remets décidément toujours pas) : si un jour j’en achète vraiment une je m’engage à l’offrir à la première personne qui me ressort cet article (vraiment).

Quand la création collaborative se met au service de la production de films

La start-up de financement collaboratif Kickstarter a beaucoup fait parler d’elle ces derniers temps grâce au succès de la montre Pebble, détenant depuis mai dernier le record du projet ayant levé le plus de fonds sur la plateforme (10 millions de dollars levés auprès de 69 000 personnes en un mois pour un objectif initial de 100 000 dollars – la page du projet est encore disponible ici). A présent, c’est au tour du projet du stylo d’impression 3D 3Doodler d’enthousiasmer le web, puisqu’en à peine un jour le projet a déjà levé 900 000 dollars (pour un objectif de 30 000 dollars).

Ce qui fait un peu moins de bruit, c’est l’importance croissante de la plateforme de crowdfunding dans le financement de films. Et pourtant, cette année comme l’année dernière, 10% des films sélectionnés à Sundance étaient – au moins partiellement – financés par Kickstarter. Ces films n’ont d’ailleurs pas seulement remporté l’adhésion de supporters en ligne mais également celle des critiques : Blood Brother, financé via Kickstarter et Indiegogo, a remporté le mois dernier le Grand Prix du Jury de Sundance, tandis que trois films (Kings Point et Inocente dans la catégorie des Documentaires et Buzkashi Boys dans celle des Courts-Métrages) financés via Kickstarter figurent dans la liste des nominés aux Oscars. Un de ces films aura-t-il droit à son Oscar dimanche (ça suffirait peut-être à me consoler de celui qui a de grandes chances d’être remis à Argo…) ?

On entend souvent des grands noms de l’industrie du cinéma (rappelez-vous Christopher Dodd, PDG de la Motion Picture Association of America et son tristement célèbre Stop Online Piracy Act – à ce propos, ils auraient récemment décidé d’abandonner toute législation sur le sujet et de chercher d’autres voies pour combattre le piratage  ) se lamenter sur le fait que le web a provoqué le développement du piratage de films (sans prendre la peine de mesurer l’impact positif qu’il a eu sur les ventes digitales de ces mêmes films). Il serait aujourd’hui temps de reconnaître l’impact de ces levées de fonds permises par le web sur la création même de nombreux films. Voilà à présent trois ans que le Sundance Institute et Kickstarter ont annoncé leur partenariat. Et ces trois dernières années, le site a permis de lever plus de 100 millions de dollars pour financer des projets vidéos (longs et courts métrages, webséries, documentaires, etc.) auprès de 900 000 « backers » (plus de chiffres ici.)


Dans cet article paru sur Mediadecoder, David Carr compare Kickstarter à un studio, « sans les egos » des studios : contrairement à ce qui se passe avec les studios, le greenlight donné à un film ne vient pas directement de Kickstarter mais d’une communauté d’individus prêts à payer (même des petites sommes) pour permettre au film de voir le jour. Par le biais de Kickstarter, les réalisateurs peuvent enfin s’adresser directement à leur public et pitcher leur film tout en conservant leur indépendance. Et comme pour tous les projets Kickstarter, les promesses de dons ne sont versées que si l’objectif fixé initialement est atteint. « Kickstarter représente en quelque sort le triomphe des petits nombres », nous dit David Carr. A mon sens, Kickstarter marque surtout l’avènement d’un nouveau modèle de production prenant son sens non plus dans la consommation qui en découle mais bien dans son processus de création même, ce processus de création participative permettant à chacun d’apporter sa contribution.

J’aime l’économie collaborative (j’en parle ici et par exemple), et j’aime le cinéma. Quand les deux se rencontrent, ça donne toute une flopée de très beaux films. Alors vraiment, merci Kickstarter.

Si vous avez un peu de temps je vous invite à lire cette interview de Perry Chen, fondateur de Kickstarter – je crois que j’aimerais beaucoup le rencontrer.

Et pour finir, la très jolie bande-annonce de Blood Brother :

Blood Brother Trailer from Blood Brother on Vimeo.

La révolution de Netflix en est-elle vraiment une ?

Avec la sortie de la – très attendue – première saison de House Of Cards le 1er février, Netflix a enfin réussi son pari de révolutionner la télévision. Et pourtant, il était loin d’être gagné d’avance. Mais qu’est-ce qui va réellement changer pour le (télé)spectateur ?

De la diffusion de contenus « outdatés » à la création originale

Si aux Etats-Unis, la chronologie des médias permet de rendre un film disponible au sein d’un service de VOD par abonnement (SVOD) environ un an après sa sortie en salles, ce délai est porté à 36 mois en France. Alors que certains critiquent déjà la fraîcheur du catalogue Netflix aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, on a bien du mal à imaginer comment Netflix pourrait sortir un service convaincant en France s’il ne devait être composé que de films de plus de trois ans et de séries diffusées et rediffusées à la télévision. Dès lors, comment parvenir à convaincre les spectateurs de s’abonner au service puis de payer tous les mois pour continuer à y accéder ?

La clé du succès de la chaîne HBO aux Etats-Unis réside dans ses créations originales – Les Soprano, The Wire, Boardwalk Empire, Game of Thrones, et plus récemment Girls ont toutes contribué à bâtir puis renforcer le prestige de la chaîne, et la qualité de ces séries lui suffit probablement à maintenir une base d’abonnés fidèles. Deux critères essentiels donc : qualité du contenu, et exclusivité (au moins pour une durée suffisamment longue).

Après avoir déboursé 1 million de dollars par épisode de Mad Men pour obtenir l’exclusivité en streaming de la série phare d’AMC (et alors qu’Amazon vient de signer un deal similaire pour Downton Abbey), Netflix est passé à la vitesse supérieure en se lançant comme HBO dans la création originale. Pour acquérir les droits des deux premières saisons de House Of Cards, Netflix aurait déboursé plus de 100 millions de dollars, une somme supérieure à celle que des grandes chaînes comme HBO ou AMC étaient prêtes à payer. Et tandis que traditionnellement les chaînes ne commandent une série que si le pilote les a convaincues, Netflix a marqué les esprits en commandant d’un coup les deux premières saisons de 13 épisodes chacune complètement à l’aveugle (en sachant tout de même que la série était produite et en partie réalisée par David Fincher et que Kevin Spacey y incarnait le personnel principal, ce qui n’est pas rien).

Netflix n’a pas l’air de vouloir s’arrêter là, comme en témoigne le développement prochain de « Turbo: F.A.S.T. (Fast Action Stunt Team) », une série pour enfants inspirée du dessin animé Dreamworks qui sortira cet été.

Et Ted Sarandos, Directeur des contenus de Netflix, disposerait d’un budget de 6 milliards de dollars pour les 3 prochaines années, dont 300 millions consacrés à la production originale. Son objectif ? Devenir HBO avant que HBO ne devienne Netflix.

Netflix n’est pas le seul service de vidéos à se lancer dans la création originale dans l’espoir de capter l’audience des chaînes TV. Amazon a récemment annoncé son intention de produire des séries et aurait décidé de financer 12 pilotes (6 comédies et 6 séries pour enfants). Netflix comme Amazon mettent en avant le fait que contrairement aux grandes chaînes du câble, elles n’interfèreront pas dans le développement des créations originales, laissant ainsi aux réalisateurs et aux producteurs une liberté totale. J’ai le sentiment que cette indépendance vis-à-vis des chaînes aura au moins un impact positif sur qualité des contenus en rendant les scénaristes maîtres de leurs programmes, et ce sans avoir à se préoccuper des coupes publicitaires régulières imposant leur rythme aux épisodes. Il devrait (ou pourrait) ainsi en résulter des scénarios plus travaillés, sans suspense artificiellement provoqué avant chaque publicité pour tenir le spectateur en haleine (et le faire rester devant la télévision pour ne pas rater la suite).

Microsoft a également annoncé son retour dans les contenus, et espère lancer ses propres contenus sur la Xbox dès la fin de l’année, en mettant l’accent sur les contenus interactifs, plus attrayants pour leur public.

En France, OCS suit également le modèle d’HBO et vient de lancer sa troisième création originale : Lazy Company, actuellement en cours de diffusion sur OCS max.

Nouveaux programmes, nouveaux usages

Voilà déjà bien longtemps que la télévision n’est plus seulement linéaire (bon, sauf pour le foot et la Nouvelle Star si vous voulez). De nombreux programmes sont disponibles gratuitement en catch-up pendant une durée de 7 jours à compter de leur diffusion TV via les box des opérateurs ou sur le web. En ce qui concerne les séries – rarement disponibles en catch-up sur les chaînes gratuites – il a longtemps fallu se plier aux diffusions hebdomadaires des chaînes. Et pourtant là encore, certaines chaînes ont su innover et proposer des services permettant aux téléspectateurs de s’affranchir – en partie – des contraintes de la programmation linéaire. Ainsi, sur les chaînes OCS, la fonctionnalité start-over permet de reprendre au début un programme pendant sa diffusion sur la chaîne. Vous arrivez 20 mn après le début de Walking Dead ? Hop, un petit clic sur « redémarrer » et la série recommence rien que pour vous.

Netflix a voulu aller encore plus loin avec House Of Cards. Après avoir ouvertement pris position contre l’ “insatisfaction contrôlée” (“The point of managed dissatisfaction is waiting. You’re supposed to wait for your show that comes on Wednesday at 8 p.m., wait for the new season, see all the ads everywhere for the new season, talk to your friends at the office about how excited you are”), Reed Hastings, PDG de Netflix, a déclaré vouloir mettre fin à l’attente hebdomadaire caractéristique des séries TV en rendant tous les épisodes de la première saison de House Of Cards disponibles en même temps.

Voilà déjà quelques temps que l’on commençait à parler de “binge-viewing” (terme dérivé de “binge-drinking”) pour décrire un nouveau mode de consommation des séries TV, consistant à enchaîner de nombreux épisodes sans s’arrêter.

Pour ma part, j’ai plutôt tendance à regarder mes séries toutes les semaines, sauf pour la saison 1 de Girls que j’ai regardée en une fois pendant ma grippe en décembre. Cependant, il m’est également arrivé plusieurs fois de laisser passer quelques semaines sans regarder Mad Men pour pouvoir ensuite regarder plusieurs épisodes à la suite, ce que je faisais déjà pour Six Feet Under. Pour ces séries au format long, j’ai le sentiment que l’on perçoit mieux certaines subtilités en regardant plusieurs épisodes de façon rapprochée, que l’on parvient mieux à faire des liens entre certaines scènes, et que l’on comprend davantage la psychologie et les traits de caractère des personnages.

Un petit sondage effectué par Wired à peine une semaine après la sortie de House Of Cards met en évidence le fait qu’avec House Of Cards, le binge viewing a été la règle.

Pour ma part, je suis encore assez partagée sur ce modèle de consommation. Tout d’abord, je suis aujourd’hui en sérieux manque de sommeil, comme doivent probablement l’être toutes les personnes qui ont regardé la série (heureusement que la 2ème saison n’est pas sortie en même temps…), et je me dis que j’aurais peut-être préféré une modération imposée via une diffusion périodique des épisodes de série.

Ensuite, j’ai même si j’ai trouvé cette série excellente, j’ai quand même regretté la relative perte de lien social provoqué par sa non-diffusion à la télévision. L’avantage de la diffusion en linéaire, c’est que tous mes amis suivant telle ou telle série en sont tous au même épisode. Je me suis retrouvée plusieurs fois à faire des soirées True Blood, Californication, Mad Men, etc. avec des amis, ce que j’ai un peu de mal à imaginer sur un service tel que Netflix : pourquoi décider un soir plus qu’un autre de se rassembler autour d’un ordinateur pour regarder des séries disponibles à tout moment ? L’agitation qui précède la sortie d’un nouvel épisode, le live-tweet lors de sa diffusion, l’impatience générée par l’attente de la prochaine saison, sont pour moi indissociables des séries, et j’ai du mal à imaginer un modèle reposant uniquement sur le binge viewing, que j’ai cependant pratiqué pour House Of Cards (je ne tenais pas à ce qu’un malheureux spoil sur Twitter ou ailleurs me gâche le plaisir de regarder la série).

Et puis bon en fin de compte, « managed dissatisfaction » ou pas, arrive bien un moment – en l’occurrence maintenant – où on se retrouve obligé d’attendre pour pouvoir voir la deuxième saison.

Quant à l’intérêt pour Netflix de rendre tous les épisodes disponibles en même temps plutôt que de les espacer dans le temps (tout en laissant les épisodes précédents disponibles sur le site pour les retardataires), j’avoue ne toujours pas l’avoir vraiment saisi. Si l’objectif est bien de disposer d’une base d’abonnés croissante, ne serait-il pas plus efficace de se garantir au moins une base constante d’abonnés fidèles à la série, qui après un bouche à oreille convertiraient leurs amis en de nouveaux abonnés ?

Top films 2012

Une fois encore mon petit top des films de l’année histoire de se souvenir dans quelques temps de quoi 2012 a été faite. N’en sélectionner que 10 n’a pas été évident, mais ceux que j’ai dû enlever de la liste sont néanmoins cités un peu plus bas parmi les films qui m’ont plu cette année.
Si vous avez envie de les voir / revoir, 2 possibilités : en VOD (j’ai mis les liens sur les films disponibles à ce jour) / DVD, ou bien pour un certain nombre d’entre eux du 9 au 15 janvier lors des Incontournables UGC.

Holy Motors

De l’aube à la nuit, on passe une journée avec Monsieur Oscar, traversant Paris à bord de sa limousine blanche. Mais qui est donc Monsieur Oscar ? A chaque étape de son périple, il se transforme en quelqu’un d’autre, et devient tour à tour un financier à la tête d’une grande entreprise, un meurtrier, une mendiante, un père de famille, etc., chargé d’une mission précise. Une fois celle-ci accomplie, sa mystérieuse assistante lui indique la suite de son agenda, et initie le prochain changement d’identité d’Oscar. Holy Motors est réellement l’OVNI de l’année – s’il ne fallait en voir qu’un, ce serait celui-ci. Leos Carax offre avec Holy Motors un magnifique hommage au 7ème Art, tandis que Denis Lavant est impérial dans chacun de ses rôles, chacune de ses vies.

Take Shelter
Curtis LaForche, ouvrier habitant avec sa femme et sa fille dans une petite ville rurale de l’Ohio, devient sujet à de violents cauchemars. Ceux-ci, qui se transforment bientôt en des hallucinations, le convainquent qu’une tornade va s’abattre sur la ville, emportant tout sur son passage. Son obsession devient si forte qu’il décide de construire un abri sous-terrain afin de survivre en cas de catastrophe. Michael Shannon interprète magistralement son rôle de père de famille tiraillé entre son devoir de protéger sa famille et la peur de devenir fou – sa mère ayant été frappée de schizophrénie paranoïde au même âge que lui. Mise en scène majestueuse, tension palpable dès les premières minutes du film (la musique contribuant pour beaucoup à créer une atmosphère angoissante), jeu d’acteurs impressionnant.

La Taupe
J’avais découvert le réalisateur Tomas Alfredson avec le magnifique Morse, et quel plaisir de le retrouver aux commandes de ce film d’espionnage, adapté du roman de John Le Carré (que j’ai acheté après avoir vu le film – et que je n’ai toujours pas lu d’ailleurs). Contrairement aux films d’espionnage classique où l’on est plongé directement au cœur de l’action, on se retrouve ici davantage dans une position d’observateur à qui il manque la plupart des éléments permettant de participer pleinement à l’intrigue. On peine à déchiffrer les manœuvres sournoises des différents personnages, à comprendre les rapports entre les différents personnages, à chercher qui pourrait bien être la Taupe. Mais c’est là toute la beauté de ce film, doté par ailleurs d’une photographie sublime (on retrouve le même directeur de la photographie que dans Morse, qui avait aussi signé celle du très bon Fighter), et porté par une distribution prodigieuse (Gary Oldman / Colin Firth / Tom Hardy / Mark Strong).

Oslo 31 août

En fin de cure de désintoxication, Anders se rend à Oslo passer entretien d’embauche. Il profite de ce passage en ville pour renouer avec sa famille et ses amis qu’il avait perdus de vue. Joachim Trier nous livre une poignante introspection dans la vie de ce jeune homme complètement désorienté, mu par le désir d’un nouveau départ, d’une nouvelle vie, mais ne parvenant à réellement s’affranchir d’un sentiment de gâchis et de l’impression que les jeux sont faits et qu’il est peut-être déjà trop tard. Un très beau film questionnant la possibilité de recommencer à zéro et ouvrant une réflexion lucide sur le sens de la vie.

Les enfants loups : Ame et Yuki

J’ai toujours eu un faible pour les films d’animation japonais. Après avoir été un peu déçue par La colline aux coquelicots en début d’année, j’ai beaucoup aimé Les enfants loups de Mamoru Hosoda. On assiste au début du film à des scènes de vie d’une famille heureuse, dont les membres sont partagent un secret : le père est un homme-loup. A la mort de celui-ci, la mère décide de tout quitter et de s’installer à la campagne, à proximité d’une forêt luxuriante, afin d’élever ses enfants à l’abri des regards. Alors que la jeune fille Yuki tente de cacher à tout prix ses origines et d’avoir une vie d’adolescente « normale », le jeune Ame est de plus en plus attiré par la forêt et la vie animale. Une ode à la nature, mais également une profonde réflexion sur la gestion de l’absence (abordé à la fois à travers le point de vue de la femme et celui des enfants du défunt) ainsi que sur les notions d’héritage, de choix identitaire, et d’intégration.

Moonrise Kingdom
Un des films que j’attendais le plus cette année, et je n’ai pas été déçue. Casting de choc (Edward Norton excellent en chef scout complètement dépassé par les événements, Bruce Willis, Tilda Swinton, Bill Murray), et pourtant, c’est surtout la performance des enfants que l’on retient du dernier film de Wes Anderson. Attendrissant et drôle, Moonrise Kindgom nous transporte dans le doux monde de l’enfance, de ses aventures trépidantes et de ses premières amours.

Skyfall
De loin mon James Bond préféré depuis longtemps

Starbuck

Alors que sa femme lui annonce qu’elle est enceinte et qu’il va être père, David Wosniak apprend que suite aux nombreux dons de sperme qu’il effectuait sous le pseudonyme Starbuck quand il était plus jeune, il est déjà père de 533 enfants, dont près du tiers souhaite connaître son identité. Il décide alors de les rencontrer un à un, à leur insu, et de faire un petit quelque chose pour chacun d’entre eux. Un film drôle et touchant, dont on ressort de très, très bonne humeur (au fait, j’ai fait ici une liste de films qui mettent de bonne humeur)

Amour
La vie tranquille d’un couple de professeurs de piano à la retraite qui s’aiment comme au premier jour est bouleversée le jour où la femme subit une attaque cérébrale à la suite de laquelle elle est paralysée d’un côté. On suit ensuite le quotidien du couple marqué par la dégradation progressive de l’état de santé de la femme, tandis que son mari doit à présent l’aider à chaque instant (pour s’asseoir, se déplacer, manger, faire sa toilette). Difficile de décrire ce film tant les émotions qu’il suscite sont fortes. Et que dire des acteurs (Jean-Louis Trintignant / Emmanuelle Riva) dont la prestation est absolument exceptionnelle, et grâce à qui ce quasi huis clos dans l’appartement parisien du couple a pu devenir ce si grand film dont on ne ressort pas indemne.

Les bêtes du Sud sauvage

A travers le regard de Hushpuppy, petite fille de 6 ans vivant avec son père dans une rustique cabane dans le bayou de Louisiane, on partage la vie d’une communauté unie face aux cycles climatiques tentant de survivre à un orage. Rien qu’à voir la bande-annonce, on comprend que ce film vaut le détour et qu’il est porté par une toute jeune actrice que l’on reverra sans doute bientôt. Onirique et réaliste à la fois, cette fable a été mon dernier coup de cœur de l’année.

Mais bien d’autres films m’ont particulièrement plu cette année, parmi lesquels : De rouille et d’os, le choc Bullhead sur le trafic d’hormones animales (avec un Matthias Schoenarts encore plus impressionnant que dans De rouille et d’os), Laurence Anyways (le tandem Melvil Poupaud / Suzanne Clément fonctionne à merveille, Nathalie Baye est convaincante en mère détachée, et comme toujours avec Xavier Dolan, quelle BO !), Detachment (très belle performance d’Adrien Brody en professeur remplaçant dans un lycée difficile dans le Bronx), I Wish, Another happy day, Argo, La part des anges, J. Edgar, Martha Marcy May Marlene, Margin Call, Bellflower (malgré un final un peu brouillon), Louise Wimmer, Magic Mike, Cosmopolis, The Dark Knight Rises (même si je l’ai trouvé nettement moins bon que le précédent), Avengers, ainsi que le très beau Ernest et Célestine (que de souvenirs d’enfance réveillés par ce magnifique film d’animation), sans oublier Les Invisibles et Journal de France dans la catégorie des films documentaires réussis.

Espérons que 2013 sera aussi riche en réussites cinématographiques ! Et tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Pourquoi j’aime de plus en plus le e-commerce (enfin, certains sites)

Depuis quelques années, j’achète de moins en moins en magasin et de plus en plus en ligne. Aujourd’hui, j’estime réaliser environ 80% de mes achats sur Internet (reste encore l’alimentaire que j’achète au Carrefour Market d’à côté parce que je n’aime pas faire de stocks et que j’achète en général juste ce qu’il me faut pour un soir ou deux). Et je suis sans cesse impressionnée par les systèmes de tracking et de CRM de plus en plus performants de certains sites de e-commerce. Ce soir, deux sites m’ont agréablement surprise :

Amazon et son « Economisez en vous abonnant »

La quasi-totalité de mes livres (oui, j’avoue, j’achète encore des livres en vrai papier avec de la vraie encre – mais j’ai encore de bonnes raisons de le faire que je pourrai vous détailler à l’occasion) vient d’Amazon, de même qu’une bonne partie de mes DVD (bon là en revanche, je n’en achète plus, le tandem carte UGC Illimité & VOD – sur la TV d’Orange bien sûr ;-) – me suffisant amplement). Mais ce n’est pas tout : des objets aussi divers que ma télévision, mes chaussures de course à pied ou encore ma brosse à dents ont aussi été achetés via le site. Et c’est justement en regardant si Amazon vendait des recharges pour brosses à dents que je suis tombée sur l’item « économisez en vous abonnant » dans la zone de commande (faudra quand même qu’on m’explique pourquoi le « 4 mois » est le plus souscrit, sachant qu’il y a 3 recharges dans un paquet et que chaque recharge est censée durer 3 mois…).

C’est vraiment un chouette service lorsqu’on habite dans une petite surface et qu’on n’a pas forcément de place pour stocker des choses. Et ca marche pour pas mal d’articles : lessive, boîtes de mouchoirs, etc. (liste des produits éligibles ici) bref, un certain nombre de trucs dont on se retrouve toujours à manquer au moment où veut en utiliser…

Moi qui admirais déjà Amazon pour son moteur de recommandation particulièrement juste (encore perfectible cependant, notamment concernant l’identification de références « identiques » mais provenant d’éditions différentes – j’ai ainsi eu droit à une recommandation d’un livre alors que je venais de l’acheter dans une autre édition), pour son mailing bien ciblé envoyé pile poil au bon timing (j’ai du regarder une ou deux fois le JuicePresso il y a quelques mois, voici qu’on m’envoie un mail m’indiquant que ce produit m’intéresse certainement – rahhh ça y est je le reveux, regardez-le en action), je crois que je suis encore plus contente de leur service d’abonnement aux produits commandés fréquemment.

Made In Design

Dans un autre esprit, j’ai souri en voyant ce mail envoyé par Madeindesign alors que j’avais mis un article dans mon panier et que je m’étais égarée ailleurs (j’ai particulièrement souri en voyant les montants indiqués : livraison gratuite à partir de 80 euros alors que mon panier en faisait 79 – très probablement une coïncidence, mais si ce n’est pas le cas, ils sont vraiment forts).
On a de plus en plus tendance à faire plusieurs choses à la fois, et il m’arrive fréquemment de commencer des commandes quelque part, puis de les oublier et d’éteindre mon ordinateur. La petite piqûre de rappel par email me paraît donc fort bien trouvée (et ça marche plutôt bien, en tout cas dans mon cas).

Bref, tout ça pour dire que j’aime beaucoup la façon dont évoluent bon nombre de sites de e-commerce – et ce n’est pas fini, il y a encore plein de belles choses à faire dans le domaine (on peut aussi voir les choses différemment en considérant qu’ayant passé commande sur les deux sites mentionnés ci-dessus je me suis tout simplement bien faite avoir, mais bon moi je suis bien contente de mes achats :-) )

Nus & Culottés, la série documentaire qui donne le sourire

Vous ne partez pas ou pas tout de suite en vacances ? Alors réservez votre jeudi soir et embarquez avec Nans Thomassey (Nans) et Guillaume Mouton (Mouts) dans la belle aventure de Nus & Culottés, la nouvelle série documentaire qui sera diffusée à partir du 26 juillet sur France 5 (et que j’avais eu la chance de voir il y a quelques temps lors de la projection presse). Le parti pris de ce duo d’intrépides ? Voyager mieux avec moins.

Au départ, une idée simple : partir de rien (oui oui, ils partent vraiment tout nus et sans un sou), et réaliser toute une série de rêves, uniquement grâce à la générosité des personnes rencontrées sur la route. Ils se lancent ainsi des défis – par exemple aller faire du tandem en Hollande en partant de la Baie de Somme, ou encore faire un bonhomme de neige sur un sommet Alpin – et tentent de les réaliser en faisant du troc et des échanges, chaque aventure durant environ une dizaine de jours.

Initiée depuis 2004 – dans un style différent – par Antoine de Maximy (J’irai dormir chez vous), l’idée du voyage alternatif est ici motivée par le concept joliment formulé de “sobriété heureuse”. Nans et Mouts souhaitent ainsi prouver qu’il existe bien d’autres moyens que l’argent pour échanger. Le dialogue, l’écoute, parfois simplement la présence, sont au moins aussi efficaces.

“Au lieu de raisonner en cherchant ce qui nous distingue, on cherche ce qui nous rapproche de l’autre”

Pour Nans et Mouts, deux amis épris de voyages et de belles rencontres, le but de ces défis n’est pas tant de voyager que de partir à la découverte des autres. Avant chaque nouveau défi, ils se replacent dans des conditions de vulnérabilité totale à travers le retour symbolique à l’état de nature. A partir de là, ils parviennent rapidement à tisser des relations profondes et authentiques avec les gens rencontrés en chemin – et le partage d’émotions est tel qu’on a vraiment l’impression de faire un bout de chemin avec eux de l’autre côté de l’écran.

Nus & Culottés, ce n’est pas simplement l’histoire deux amis qui voyagent, mais bien l’histoire de rencontres, de dialogue et d’échange, et surtout une belle leçon de solidarité et de générosité. De quoi raviver votre foi en l’humain et vous mettre de très bonne humeur pour vos soirées estivales – et ça commence jeudi à 20h35 sur France 5 !

Nus & Culottés
Nans Thomassey, Guillaume Mouton, Charlène Gravel
Bonne Pioche
6 épisodes de 52 min

Partager socialement ses objectifs ou les garder pour soi ?

Aujourd’hui, j’ai failli aller courir. Puis je me suis dit que non, que j’étais fatiguée et que je devais me lever tôt demain, et j’ai reporté à plus tard – comme je le fais depuis un certain temps, et de plus en plus souvent (il y a toujours une bonne excuse pour le faire – la fatigue, le froid, la pluie, un dîner, etc.). Plus tard, je me suis rappelée qu’en janvier, j’annonçais fièrement sur Facebook que je me donnais pour objectif de courir en 2012 plus de km qu’en 2010 et 2011 cumulés. Nous voici à la moitié de l’année et d’après mon Tableau de Bord Nike+ (oh tiens, une nouvelle version du site !), j’ai couru cette année 257.21 km, contre 320.55 km en 2011 et 441.60 km en 2010, et je suis donc bien loin de mon objectif de 763 km (mais tout n’est pas perdu, d’ailleurs c’est décidé je m’y remets cette semaine).

On a tous dans notre entourage des amis qui ont partagé avec nous leur envie d’arrêter de fumer, de perdre quelques kilos, de courir un marathon, etc. Nos amis prennent alors une place toute particulière dans la réalisation d’objectifs personnels. Partager socialement ses objectifs est censé être un facteur de motivation – l’autre devient témoin tout d’abord d’un engagement, puis d’une progression, et il devient ensuite plus difficile de nier ou de se trouver des excuses pour ne pas remplir ses objectifs. Sur le site Nike+, la logique initiale de la motivation purement personnelle (les différents niveaux que l’on atteint en fonction du nombre de km parcourus) a été complétée (voire complètement remplacée, je n’arrive plus à trouver mon niveau sur le nouveau site, alors que j’étais très fière d’avoir atteint le niveau bleu) par une logique de la motivation par les autres : il est en effet possible de se fixer des objectifs, de défier des amis, mais surtout, depuis la nouvelle mouture du site, de se comparer aux autres membres de la communauté. Et à ma connexion aujourd’hui, j’ai eu le droit à ceci (merci Nike, je n’avais rien demandé moi – la honte :D ) :

« Repeated psychology tests have proven that telling someone your goal makes it less likely to happen. »

Je garde encore espoir quant à la réalisation de mon objectif sportif de l’année (si, si, c’est vrai – et l’image du dessus est quand même assez motivante), mais je me pose quand même la question de l’impact réel du partage d’objectifs, d’autant plus que la thèse inverse de la motivation par les autres existe aussi.

Dans ce talk TED, Derek Sivers affirme ainsi que garder ses objectifs pour soi serait préférable, car le simple fait de partager un objectif avec quelqu’un qui en reconnaîtrait la valeur transformerait ledit objectif en réalité sociale, générant elle même une satisfaction similaire à la satisfaction d’un travail achevé. Et c’est précisément cette satisfaction qui réduirait la motivation pour fournir les efforts nécessaires à la réalisation de l’objectif initial.

Je vais donc jouer le cobaye, je me suis fixé un autre objectif à tenir jusqu’à la fin de l’année (et pour lequel j’ai déjà pris du retard, damn it) et que je garderai pour moi. Et on verra bien ce que ça donne en décembre !

Je crois qu’on veut m’empêcher d’aller voter cette année…

La semaine dernière, j’ai enfin posé ma première semaine de congés pour partir en vacances fin avril. Toute contente, j’update mon agenda et là je vois que j’avais déjà mis sur la date du 22 avril « Premier tour présidentielles » pour ne pas oublier d’aller voter. Et mince.
Je me dis donc, pas grave, je vais faire une procuration. Après avoir cherché la procédure sur le site de la mairie de Paris, j’envoie un texto groupé à mes amis vivant à Paris : « tu votes où ? », et après avoir reçu en retour des noms de ville de toute la France, une amie finit par me répondre Paris. Ouf, sauvée.
Il ne me reste plus qu’à trouver un commissariat pour aller faire cette fameuse procuration. Et je me dis, facile, Boulevard de l’Hôpital il y a un énorme commissariat devant lequel je passe tout le temps pour aller au cinéma des Gobelins. Petite recherche Google pour trouver les heures d’ouverture dudit commissariat : j’ai ainsi appris grâce au premier résultat – Le commissariat du 13e arrondissement de Paris dévasté par un incendie – qu’il avait brulé la veille. Raté.

Crédits photo A. Gelebart / 20 Minutes

Ne perdant pas ma motivation pour autant, j’entreprends de trouver un autre endroit pour faire ma procuration. Ce matin, je me présente donc à une permanence procurations :
- Bonjour, je viens faire une procuration pour les élections
- Oui, vous avez une pièce d’identité ainsi que toutes les informations nécessaires concernant la personne qui va voter pour vous ?
- Oui, oui, s’il manque quelque chose je pourrai toujours l’appeler
- Cette personne vote-t-elle bien dans le même bureau de vote que vous ?
- Euh, ben, non mais elle vote à Paris et j’ai vu sur le site que…
- Ah bah non, il faut que la personne soit inscrite dans le même bureau de vote que vous, votre bureau est écrit sur votre carte d’électeur
- Mais je ne connais personne d’autre dans le XIIIe, et j’avais bien lu qu’il suffisait que la personne vote dans la même ville, pas forcément dans le même bureau…
- Pourquoi vous croyez qu’on a divisé Paris en arrondissements ? (véridique, si au moins j’avais connu la réponse à cette question j’aurais pu lui répondre mais là…) Désolée mais là je ne peux rien faire pour vous, il faut que vous trouviez quelqu’un qui vote dans le même bureau que vous
Et moi de repartir bredouille. Après vérification sur le site de Paris, il est bien écrit noir sur blanc qu’il n’est pas nécessaire que le mandataire soit dans le même bureau de vote (c’est même écrit en gras…).
En attendant, je n’ai toujours pas ma procuration…

« Pushing the movie experience into the XXth century » ?

En lisant les résultats d’un sondage réalisé par le cabinet Penn Schoen Berland pour The Hollywood Reporter indiquant que « la majorité des 18-34 ans pensent que pouvoir utiliser les réseaux sociaux en regardant un film au cinéma améliorerait leur expérience, et que presque la moitié d’entre eux seraient intéressés par des cinémas autorisant l’utilisation de téléphones pour envoyer des textos et surfer sur Internet », j’ai repensé à une pub diffusée par Orange dans les cinémas au Royaume-Uni (et dont je ne me lasse vraiment pas – il n’y a vraiment que les Anglais pour faire une pub pareille) :

Je n’éteins personnellement pas mon téléphone lorsque je vais au ciné (en fait, je n’éteins jamais mon téléphone – ah si je l’ai éteint il y a deux semaines après avoir lu sur un forum qu’éteindre son iPhone 3GS pouvait vider son cache et remédier à sa dramatique lenteur – pour ceux qui voudraient essayer : ça ne marche pas), et j’avoue y jeter un coup d’œil (mais vraiment furtif, hein) quand quelqu’un m’appelle, mais il ne me viendrait jamais à l’esprit d’y répondre (et je reconnais que c’est donc assez bête de sortir mon téléphone de ma poche pour voir qui m’appelle).

Live-tweeter un événement retransmis à la TV ne me choque pas du tout, loin de là (je remercie d’ailleurs tous ceux qui live-tweetent et me permettent de suivre un peu ce qui se passe à la TV – grâce à @MaylisAlloCine j’ai d’ailleurs allumé la mienne pour revoir Retour vers le Futur 2 ^^), mais j’ai franchement du mal à voir où est l’intérêt d’utiliser son téléphone au cinéma. C’est un peu insultant pour le réalisateur non ?

Tiens, ça me rappelle le passage de Submarine où Oliver Tate explique que partir de la salle avant la fin d’un film, c’est manquer de respect à ceux qui l’ont fait :